Reconvertir l’économie

La ville ne peut pas se satisfaire de réparer (par ses politiques sociales et environnementales) les dégâts de ses propres politiques économiques. A Grenoble, comme dans d’autres villes, la politique économique et commerciale menée par la municipalité n’est pas efficace : elle produit peu d’emplois, elle privilégie les personnes les plus qualifiées et les grandes sociétés et elle rentre dans une compétition avec d’autres territoires ce qui amène trop souvent des délocalisations après que les aides aient été versées. Il n’est pas acceptable que les aides économiques soient dirigées systématiquement vers les grandes sociétés cotées en bourse. Ces aides directes vont, en fait, aux actionnaires et non à la création d’emplois. C’est le cas du projet Alliance où 2 des 3 sociétés aidées sont parties dès la fin de la convention d’aide (3 ans) qui a pourtant coûté 500 millions d’euros. Avec la même somme, on aurait pu créer 10 fois plus d’emplois non délocalisables !

La politique d’aide est tellement inefficace qu’un journal comme le Figaro économique titrait en novembre 2007 : « 6 milliards gaspillés en aides économiques ». L’urgence est donc aujourd’hui de revoir cette politique en tenant compte des nouvelles réalités économiques pour ne pas gaspiller l’argent public. Nous proposons de réorienter en profondeur l’action économique de la ville : l’argent public ne doit aller qu’aux aides aux emplois non délocalisables.

 soutenir les créations d’activités non délocalisables

Les secteurs non délocalisables sont les secteurs des services ou ceux fonctionnant en « circuit court ». C’est en développant ces secteurs que nous proposons de convertir l’économie à l’écologie : soutenir les filières créatrices d’emplois et qui sont, en plus, écologiques comme l’industrie photovoltaïque ou la filière « bois des Alpes » (aides à la filière et choix du bois dans les chaufferies des bâtiments public), accompagner l’implantation d’entreprises innovantes dans les économies d’énergie.

 développer les services à la personne

Le maintien à domicile des personnes âgées est une de nos priorités, c’est un devoir de solidarité que nous devons à nos aînés. Cela passe par la création d’emploi d’intervenants à domiciles. Plus largement il est intéressant, en terme d’emploi et de solidarité, de développer les « services à la personne » (ménage, gardes d’enfants…). Ces emplois permettent de soulager les familles et de créer des emplois dans des secteurs qui demandent peu de qualification. Nous accompagnerons le développement des services à la personne par des subventions aux structures associatives labellisées (garanties de salaires et de formation) et la création de maisons des professionnels du service à la personne.

 accompagner les nouvelles activités de l’économie sociale et solidaire (ESS)

Le « tiers secteur » ne peut plus être considéré comme la « cinquième roue » d’une politique économique : il représente déjà 16% des emplois grenoblois et apporte un « plus » par rapport aux activités traditionnelles en favorisant le lien social. La ville créera des hôtels d’activités dans une politique urbaine de mixité fonctionnelle, apportera des facilités de trésorerie aux structures de l’ESS (prêts à taux 0 avec formalités légères), soutiendra la création ou transmission d’entreprises avec le statut de SCOP (Société Coopérative Ouvrière de Production) ou de SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif), mettra des locaux municipaux à disposition des AMAP (Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne) qui concrétisent l’objectif d’une relocalisation de l’économie.

 faire de la ville un acteur économique exemplaire

La ville est un des plus grands acteurs économiques sur notre territoire : elle peut, notamment par l’emploi et la commande publique, influer sur les orientations économiques. Elle doit donc jouer sur tous les leviers en sa possession : favoriser systématiquement la création d’emploi dans les aides qu’elle accorde (par convention), introduire des clauses dans les marchés publics qui favorisent les démarches équitables et solidaires (commerce équitable, conditions sociales et environnementales, emplois d’insertions, intégration de travailleurs handicapés), favoriser les économies dans le fonctionnement de la ville (maîtrise des énergies, isolation des bâtiments, réduction de consommation de papier, des déplacements en voitures, etc.), aider de manière accrue les bailleurs sociaux et SEM d’aménagement (SEM 2000 et SAGES) à privilégier les filières industrielles capables de répondre aux exigences du Haute Qualité Environnementale et à créer les emplois de proximité utiles, rechercher des solutions pour faciliter l’entrée des structures associatives et régies de quartier dans le domaine concurrentiel des marchés publics.

 impulser une politique commerciale ambitieuse

Il est urgent de stopper l’extension des hypermarchés pour enfin privilégier les commerces accessibles à pied ou en transport en commun. La ville doit renforcer l’attractivité du centre ville existant (avant d’envisager de créer un « nouveau centre ville » sur le polygone scientifique), subventionner les associations de portage des courses à domicile, mettre à disposition des vélos « caddies », rendre les transports en commun gratuits sur preuve d’achat, soutenir financièrement les commerçants transformant leurs locaux dans un objectif écologique (isolation par exemple) ou d’accessibilité aux handicapés, éviter la spéculation sur les loyers commerciaux par une politique de préemption foncière et commerciale. Nous ne voulons pas que les alimentations ou les services de proximité soient remplacés par des agences bancaires ou immobilières !

Projet d’agglo

Les grandes surfaces ne cessent de s’agrandir et les commerces de proximité sont en crise. Seuls les représentants des écologistes et des consommateurs votent contre l’extension ou la création de grandes surfaces au sein de la commission départementale d’équipement commercial (CDEC). Les cas concrets se multiplient : extension de Carrefour Meylan, création d’un Auchan, deux fois plus grand que Carrefour à St Nazaire. Nous proposons de geler les projets d’extension des ZAC commerciales comme l’ont fait d’autres villes (cf. Brest ou Nantes) au profit d’un soutien aux pôles commerciaux de proximité dans les quartiers. D’autant plus qu’il est faux de croire que les consommateurs font des économies dans les grandes surfaces : toutes les études réalisées par les associations de consommateurs montrent qu’en faisant ses courses au marché, dans les commerces de proximité et dans une « supérette  » on dépense moins et mieux qu’en grande surface.

 simplifier les politiques d’accompagnement vers l’activité

Améliorer l’efficacité des politiques d’aides à l’insertion, à la formation et à l’emploi en recherchant avec les autres collectivités (Métro, Conseil Général, Région) les conditions de guichets uniques et inciter les prestataires de formation à améliorer l’accueil de publics prioritaires (femmes, jeunes peu qualifiés, personnes en situation de handicap).

 tester le micro crédit social

La ville pourrait se porter garante auprès des banques sur des micro-projets pourvoyeurs d’emplois utiles socialement, écologiquement et non délocalisables.


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Groupe Écologie & Solidarité
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