Conférence de presse du 24 septembre 2010

« Les évènements de l’été »

Ce premier point à l’ordre du jour n’est pas une délibération. Il ne débouchera donc sur aucune décision concrète qui pourrait modifier la politique municipale. Il nous paraît important de ne pas trop parasiter le fonctionnement du Conseil municipal avec des débats qui ont un intérêt évident mais qui ne relèvent pas du Conseil municipal qui est une instance décisionnelle. Nous avons donc demandé officiellement à ce que ce débat soit limité dans le temps mais que l’action de la municipalité sur les quartiers se traduise dans les mois à venir par des délibérations et des décisions concrètes.

Pour nous le déroulement des évènements de cet été démontre la volonté d’exploitation politique de la part de N. Sarkozy et du gouvernement. Ils ont décidé d’en faire une affaire nationale pour tenter de faire oublier les affaires politico financières (Woerth- Bettencourt) et reconquérir un électorat d’extrême droite et faire oublier les échecs de la politique sécuritaire menée par N. Sarkozy depuis 8 ans.

Suite au discours de la honte de N. Sarkozy à Grenoble le 30 juillet 2010, triant les français suivant leurs origines, stigmatisant les immigrés et inventant des boucs émissaires, il est indispensable de rappeler quels sont les fondements de notre république.

Quelques rappels des fondamentaux :

L’article 2 de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 «  Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l’homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l’oppression . »
La sureté n’est pas la sécurité à la sauce Sarkozy. La sûreté est la garantie dont dispose chaque personne contre une arrestation, un emprisonnement ou une condamnation arbitraire.
La sécurité désigne le droit à être protégé des violences civiles, mais sans atteinte aux libertés que constituent les dérives du gouvernement Sarkozy à travers la multiplication des fichages, de la vidéosurveillance, des fouilles…
La Constitution de la 5e république en son article 1 proclame : «  La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances…  »
Il n’est donc pas acceptable de créer des groupes de citoyens moins égaux que les autres ou de créer des boucs émissaires.

La séparation des pouvoirs est aussi un des fondements de notre république :

Article 16 de la déclaration de 1789 – « Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution. » Actuellement il n’est pas un jour où des responsables politiques se permettent de critiquer les décisions de justice en dénonçant son soi disant laxisme. Nous l’avons vu récemment à propos de la remise en liberté, en application des règles de droit, de la personne soupçonnée d’être le second braqueur du casino d’Uriage. De simples conseillers municipaux de droite jusqu’au président de la république, ces personnes ont oublié la séparation des pouvoirs et l’article 9 de la déclaration des droits de l’homme de 1789 qui est très clair : «  Tout homme étant présumé innocent jusqu’à ce qu’il ait été déclaré coupable, s’il est jugé indispensable de l’arrêter, toute rigueur qui ne serait pas nécessaire pour s’assurer de sa personne doit être sévèrement réprimée par la loi.  » La répression des troubles du voisinage sont de la compétence du maire :

La loi précise que «  Le soin de réprimer les atteintes à la tranquillité publique, incombe à l’Etat seul dans les communes où la police est étatisée, sauf en ce qui concerne les troubles de voisinage.  »

La police nationale doit faire respecter les arrêtés du maire. Les incivilités sont multiples, il y a le comportement de certains jeunes dans les quartiers, il y a aussi des comportements au centre ville, les multiples illégalités qui perdurent : le stationnement sauvage, certaines terrasses de café qui viole le règlement (les dernières interventions de la ville vont dans le bon sens), les bruits, les scooters… : il n’y a pas les bonnes et les moins bonnes incivilités.
- L’économie parallèle n’est pas qu’un phénomène marginal dans nos sociétés urbaines. En France elle représentait 11% du PIB en 2004 et certainement plus aujourd’hui compte tenu des dégradations économiques. Dans certains quartiers cette économie de braconnage peut monter jusqu’à 50% du PIB estimé. Une réflexion approfondie doit être menée sur cette question.
- Les affaires en cours : le bouclier fiscal et l’affaire Woerth-Bettencourt, les informations qui ne cessent de nous parvenir sur les aides fiscales apportées aux plus aisées alors que les classes moyennes et les plus modestes voient leurs taux d’imposition croître.

Ces évènements nous forcent à repenser l’action de notre ville, sur l’ensemble de nos quartiers, afin de trouver les meilleures solutions pour améliorer le vivre ensemble.
- La priorité des priorités est de remettre de la présence publique humaine dans tous les quartiers et cela passe par des initiatives multiples prises par le maximum d’institutions publiques. La mairie doit en être le pilote et doit contribuer fortement à la mise en œuvre de moyens : gardiens d’immeubles, médiateurs, correspondants de nuit, éducateurs de rue… Un important travail de restructuration des interventions publiques : remettre de la présence physique directement en contact avec les habitants.
Il faut faire l’évaluation du fonctionnement de tous les services (commune, Métro, Conseil général et les satellites dont CCAS, les bailleurs sociaux…) notamment sur les effectifs placés en première ligne, au contact des clientèles. Au fil des années cette présence a diminué. Une formation spécifique est certainement nécessaire avant des réorganisations de services. Insistons sur le nécessaire soutien des personnels des services publics par leur institution, à tous les niveaux, surtout lorsqu’ils sont en contact direct avec le public.

Le chômage et l’emploi : c’est une question centrale. Coté ville on doit reconsidérer la politique économique ; Il n’est plus possible d’être la seule ville a financer par millions les pôles de compétitivités et les grandes entreprises. Il faut aujourd’hui focaliser nos moyens sur les politiques d’insertion : accompagnement à l’emploi, régies de quartier, service civique, emplois de proximité,

Aides ciblées à certaines personnes en difficulté : une réflexion doit être menée pour des aides efficaces aux parents en difficulté (femmes seules chef de famille).

Les collectivités doivent être exemplaires : si nous ne voulons pas voir des enfants seuls chez eux tôt le matin et tard le soir, il faut revoir les horaires du personnel d’entretien (souvent des femmes seules avec enfants) autant pour les locaux administratifs que pour les écoles.

Bien d’autres politiques sont à améliorer notamment au niveau de l’Etat : éducation, justice…

Il faut clarifier les relations avec la police nationale et être plus ferme sur la manière dont elle intervient sur la ville et ses rapports avec les jeunes en général.

Prévention de la délinquance : le maire est là en première ligne, il doit redonner de la vigueur au conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), et faire le point avec tous les intervenants pour établir les priorités et les évolutions nécessaires et le bilan des moyens dont dispose les différentes administrations. C’est un lieu où les communications entre diverses administrations peuvent être améliorées ou relancées. La ville doit avoir une politique clairement explicitée avec les moyens réellement mis en œuvre. En donnant l’exemple elle pourra aider à retrouver de la volonté politique qui manque parmi les participants.

Un changement conséquent de l’action éducative et socio culturelle : inutile de créer encore des groupes de réflexion, l’heure est à des propositions fortes avec les acteurs de quartier qui souhaitent fortement s’investir sur ces questions et qui ont des idées intéressantes à mettre en œuvre. Il faut sécuriser l’action des associations par des financements pérennes et ne pas chercher à « doubler » l’action associative par une municipalisation de certaines politiques comme la politique jeunesse.




Groupe Écologie & Solidarité
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