Conférence de presse du 11 juin 2010

Cette majorité ment aux Grenoblois

Le conseil municipal du 14 juin aura enfin à débattre du projet de Rocade Nord. Si le Maire a bien tenté d’y échapper une nouvelle fois en proposant une séance à huis clos que nous avons refusée, il devra affronter lundi les oppositions à ce mauvais projet y compris dans sa propre majorité. À la suite de l’avis défavorable à l’utilité publique de la rocade décidé à l’unanimité de la commission d’enquête, nous tenons à rendre public un élément nouveau et grave qui montre comment ce dossier est caché aux éluEs et aux habitants.

Cet élément du dossier d’enquête illustre les dérives actuelles de la majorité ; il concerne l’échangeur des Martyrs.

Rappelons les débats sur ce point en conseil municipal.

Mars 2009 : Délibération presqu’ile - intervention d’Olivier Bertrand :

« La rue des martyrs est définie comme, je cite, le futur « coeur de vie », avec une volonté d’habitat concentré dans des immeubles de grandes hauteurs de 60 mètres maximum. Vous parlez même de l’ossature principale du projet, de colonne vertébrale. Vous prévoyez des terrasses, des restaurants, des cafés. Mais ce que vous oubliez de dire c’est que la rocade, si elle se réalise, induirait un trafic très important puisque l’échangeur entre la rue des Martyrs et la rocade est le seul prévu sur Grenoble et qu’il sera utilisé pour rejoindre le centre ville »…

· Réponse de Geneviève Fioraso : C’est faux. Elle précise même : «  la rue des Martyrs deviendra une avenue similaire aux grands boulevards »

· Réponse de Jacques Chiron et de Philippe de Longevialle du même ordre avec même des propos purement mensongers dont l’annonce d’une étude pour réaliser des parkings silos permettant un stationnement obligatoire dès la sortie de l’échangeur.

Non seulement il y a eu mensonge, mais nous avons maintenant la preuve que les partisans du projet savaient que la rocade rentrait en contradiction totale avec le développement des TC et qu’elle est la raison principale de l’énorme retard du prolongement de la ligne de tram B.

Ce que l’on a appris par les commissaires enquêteurs, c’est qu’une étude dite de « simulation dynamique » avait été effectuée pour connaître l’impact du trafic de l’échangeur. Voilà ce qu’elle dit (p.87 du rapport complet) :

« Concernant l’échangeur des Martyrs, il ressort de l’étude que :

- Pour les carrefours Rocade/Louis Weill/Martyrs il est préconisé d’augmenter leurs capacités, suite à un risque de situation de blocage,

- Il serait préférable d’avoir 3 voies par sens sur la rue des Martyrs entre les deux carrefours desservant la rocade.

Cette configuration implique la suppression des voies réservées aux bus entre les deux carrefours. Les tests de simulation ont été effectués selon cette configuration.

(…)

Dès lors, le bon fonctionnement de l’échangeur complet n’est pas compatible avec le fonctionnement normal des transports en commun de la presqu’ile.

Pour ces raisons, la commission considère que l’échangeur des Martyrs aura un impact très lourd :

- « impact non négligeable sur la politique des TC »

- « va à l’encontre du 4e objectif majeur du projet urbain de la presqu’ile : favoriser l’accessibilité du site notamment grâce aux transports en commun »

- Contredit (…) les hypothèses de circulation présentées par la Ville de Grenoble dans son projet d’intégration de nouveaux aménagements et dans le développement de l’esprit « campus » et d’une presqu’ile apaisée.

- Remet « en cause la vocation et le réaménagement urbain de la presqu’ile »

Il apparaît donc clairement que la Ville de Grenoble a volontairement caché les résultats de cette étude et qu’elle a soutenu jusqu’au bout un projet qui remettait en cause toute la logique urbaine du projet presqu’ile. Il apparaît donc évident que la rocade, comme nous l’avons toujours dit, a été privilégiée par rapport à des projets connexes dont le premier d’entre eux est le prolongement de la ligne B.

On comprend aujourd’hui beaucoup mieux l’énorme retard annoncé. Le projet de rocade, pour des raisons liées au trafic généré par l’échangeur prévu sur la presqu’ile n’était pas compatible avec le projet de prolongement de la ligne B tel que défini par le SMTC. Pour les rendre compatible, il aurait fallu avouer qu’il était nécessaire d’élargir l’avenue des Martyrs à 2X3 voies. Si les études n’ont pas été poursuivies dans les délais, c’est que l’incompatibilité manifeste empêchait de poursuivre le travail.

Rappel des retards successifs :

- Décision de prolonger la ligne adoptée en 2006

- PDU (annulé) : mise en service de la ligne en 2009

- Premier retard et annonce d’une mise en service en 2012

- Deuxième retard et annonce d’une mise en service décembre 2013 (pour ne pas dire la vérité : 2014)

Avant même le lancement des travaux pour réaliser seulement deux arrêts supplémentaires, le prolongement de la ligne B a donc pris cinq ans de retard.

Au vu de la malhonnêteté affiché sur ce dossier, nous ne pouvons plus avoir la moindre confiance dans les objectifs en matière de déplacements annoncés par la Ville de Grenoble. La délibération proposée au Conseil municipal est à cet égard éloquente. Elle indique notamment que les « les critiques émises par la commission d’enquête portent sur ‘le seul caractère routier du projet rocade’, sans jamais l’associer à la vision multimodale qui le justifie dans la délibération de 1999 ». Le seul exemple de l’échangeur des Martyrs suffit à comprendre que cette « vision multimodale » était une fadaise. Cette citation du rapport d’enquête est de plus complètement partiale puisqu’une simple lecture du rapport montre facilement que les critiques des commissaires enquêteurs portent sur quasiment tous les aspects du projet.

Il est a signaler que la volonté de réaliser un nouveau pont routier « nord » entre Esplanade et Presqu’île (alors que le nouveau pont Chartreuse n’est même pas encore en service) n’a jamais été évoqué avec les riverains du quartier Jean Macé.

Ce projet de nouveau pont rentre dans une logique consistant à préserver un projet « vitrine » (Esplanade) en sacrifiant la population d’Aragon – Jean Macé qui verra augmenter fortement le trafic sous ses fenêtres.

D’autres dossiers importants ou à relever dans ce conseil :

- avis de Grenoble sur le Plan Local de l’Habitat de La Métro :

Nous demandons que la construction de logements sociaux soit répartie sur toute l’agglomération. La Métro devrait moduler ses aides en fonction des efforts réellement faits par les communes. Rappelons que la Chambre Régionale des Comptes dans son dernier rapport a épinglé la Métro au sujet de sa politique de construction de logements sociaux, car elle a dénoncé un écart de plus de 50 % entre le plan affiché et les constructions réalisées. Pourtant il s’agit ici d’une politique sociale qui devrait être prioritaire pour les majorités de « gauche » des exécutifs locaux. La CRC a aussi noté que le nombre de logements très sociaux dits PLAI, auxquels la majorité des demandeurs sont éligibles était largement insuffisant (environ 10% des logements construits alors que 70 % des demandeurs peuvent y avoir accès). C’est pourtant pour beaucoup les seuls logements aux loyers accessibles.

Devant les difficultés de financement dues principalement aux baisses des subventions de l’État, certains proposent d’abaisser les coûts de construction. Nous sommes fermement attachés à ne pas diminuer la qualité de construction et à refuser les logements au rabais. Ceci serait est une politique à courte vue et surtout indigne pour les futurs locataires ou acquéreurs, puisqu’on sait bien que des constructions de mauvaise qualité nécessiteront très rapidement des travaux et seront la source de charges trop lourdes en raison des isolations insuffisantes.

Au contraire, il faut aider considérablement les propriétaires bailleurs ou occupants à améliorer les performances énergétiques de leur logement construit il y a 30 ou 40 ans à une époque où l’on se souciait peu de réaliser des logements bien isolés, en portant l’effort nécessaire sans doute sur des quantités importantes, permettant des économies d’échelle et un fort volant d’emplois non délocalisables dans le BTP plus pérennes que ceux de la défunte rocade nord.

Enfin, ce PLH devrait prendre parti sur l’aménagement futur de notre agglomération : faut-il densifier fortement la ville centre ou répartir l’effort sur l’ensemble de la Métro, voire de la région périurbaine ?

- une subvention au « Cercle Algérianiste » de 500 € : subvention modeste, mais il s’agit d’une association qui milite pour le « rôle positif de la colonisation ». Il suffit d’aller sur leur site internet pour y lire ceci par exemple : « 60 % des Français favorables à ce que les programmes scolaires reconnaissent le rôle positif de la colonisation… » Nous vous laissons juges :

http://www.cerclealgerianiste.asso.fr/contenu/piednoir.htm

- une information pour finir sur le collège d’éthique de la vidéosurveillance auquel nous avons refusé de participer : nous avons appris sa composition. Parmi les représentants d’associations on relève une conseillère générale PS, un ancien élu PS, d’autres adhérents de ce parti. Qui voulait nous faire croire à un comté indépendant de l’exécutif ?




Groupe Écologie & Solidarité
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