Communiqué de presse du groupe Écologie et Solidarité

Conseil municipal du 17 octobre 2011

Le CCAS doit être la priorité face à la crise sociale

Ce conseil se tient lors de la «  Journée mondiale du refus de la misère ». De nombreuses associations grenobloises nous interpellent aujourd’hui : «  En 2011 dans l’agglomération grenobloise
-  700 à 1 000 enfants, femmes et hommes à la rue, en squats ou dans des bidonvilles
-  120 appels par jour au 115 et seulement une réponse positive pour un hébergement
-  1,5 million de repas distribués chaque année Faute de financements, face à cette demande en hausse
-  La Place, foyer d’hébergement pour SDF fermé depuis juin 2011
-  Le Fournil, accueil de jour - 26.000 repas /an - contraint de fermer
-  Des places d’hébergement non utilisables dans le nouveau centre d’accueil intercommunal.
Les lois imposent un accueil inconditionnel et un hébergement digne à toute personne en détresse.
 »

Cette explosion de la précarité dans notre agglomération devrait provoquer une mobilisation générale de toutes les collectivités et en premier lieu de l’Etat. Au lieu de cela, des économies sont recherchées au détriment des services offerts à ceux qui devraient y avoir droit.
Nous rappelons cela à chaque Conseil d’Administration non pas au Maire qui ne préside jamais « son » conseil, mais à ses adjoints.
Cette année encore nous demanderons par amendement au budget d’augmenter la subvention de la Ville au CCAS. Espérons que pour une fois la majorité nous entendra en accordant les moyens de mener une politique sociale au service de tous au lieu de parer au feu quand le déficit du CCAS met l’organisme en péril.

 CCIAG : faute à moitié avouée...

La majorité se propose de faire voter un avenant à la convention qui lie notre Ville à la Compagnie de Chauffage (CCIAG). Cet avenant devrait permettre une diminution du tarif de 8% selon l’adjoint aux finances, d’un peu plus selon d’autres calculs. Il nous est difficile d’avancer plus précisément sur ces estimations : les informations demandées au Maire de Grenoble depuis une semaine ne nous sont toujours pas parvenues à 3 jours du conseil…

Au-delà de cette baisse annoncée mais insuffisante, la question qui se pose est : « pourquoi si tard ? ».
Pourquoi avoir attendu alors que dès juin 2008 :
-  les conseillers écologistes tiraient la sonnette d’alarme sur les conséquences pour les usagers de ces nouveaux tarifs ?
-  nous pointions l’opacité de la tarification alors développée proposée ?
-  nous alertions sur la légalité discutable de la gestion de la CCIAG, et notamment la participation de la marge sur le service public du chauffage urbain au comblement du déficit d’autres activités ?

Aujourd’hui, si cette décision encore trop timorée va dans le bon sens, elle reste entachée de cette faute de départ. Surtout, elle ne lève pas les interrogations sur deux points qui continueront à éveiller notre vigilance :
-  la gouvernance de la CCIAG n’est en rien modifiée, avec une équipe dirigeante beaucoup plus à aux ordres de l’actionnaire privé, pourtant minoritaire, qu’à la Ville, actionnaire majoritaire qui doit garder le contrôle de ce service public ;
-  la majorité reconnaît que les avenants qu’elle a fait voter en 2008 ont généré des bénéfices au delà du souhaitable : ces sommes indues doivent être remboursées aux usagers d’une façon ou d’une autre sur les factures à venir.

Ces éléments nous donnent à penser que cette majorité confond souvent service public et intérêts privés. Nous saluons le gros travail des collectifs d’habitants qui se sont mobilisés sur ce dossier et qui ont donné de leur temps pour rappeler la Ville à ses responsabilités.

 Aides économiques : s’il n’en reste qu’une, la Ville de Grenoble sera celle-là !

Monsieur Destot nous demande, à nouveau et comme presque à chaque Conseil, de voter des aides économiques à des intérêts privés. À ce Conseil nous sera notamment présenté une subvention pour le projet CLARA, le cancéropôle lyonnais. À la Région les élus écologistes votent pour ce projet qui relève des compétences du Conseil régional et dont l’activité se situe essentiellement en région lyonnaise.

Mais pourquoi la Ville de Grenoble finance-t-elle ce projet ? Comme à chaque fois, les arguments qui vont nous être présentés pour justifier cette incursion grenobloise hors de son champ de compétence vont consister en l’implantation ou le soutien à des acteurs au mieux de Grenoble, au pire de notre agglomération (mais que l’on ne voit de toute façon pas apparaître à la lecture des documents fournis...)
Le problème, c’est que le Conseil Général de l’Isère, lui-même, dont les compétences en matière de développement économique sont un peu plus affirmées et surtout beaucoup plus étendues géographiquement, a décidé de se retirer de ces projets… au motif que leurs lieux d’implantation n’impactaient pas assez le territoire Isérois.
Mais selon le Maire de Grenoble, ils impactent quand même suffisamment le territoire grenoblois. Il y a là une approche originale de la théorie des ensembles...

C’est entre 3 et 5 millions que nous passons tous les ans en aide à des intérêts économiques privés alors qu’aucune autre commune de Rhône Alpes n’accorde ce type d’aide. Encore une fois, nous dénonçons la « double peine » que les grenoblois sont les seuls à subir : ils financent 2 fois, à travers la Metro et la Ville la recherche et le développement des entreprises privées...

 Post scriptum : ceux qui disent, ceux qui font…

Nous lisons dans « Le Monde » du 14 octobre que des maires socialistes soutiens de Martine Aubry ont volontairement choisi de se mettre en conformité avec les règles de leur parti en démissionnant de leur mandat.
Monsieur Dilain, maire de Clichy-sous-Bois, a ainsi déclaré « Convaincu que le cumul des mandats ne me permettra pas d’honorer chacun d’eux sérieusement, j’ai décidé de démissionner de mes fonctions de maire ».
Monsieur Roger, maire de Bondy, justifie sa décision par « le respect des règles adoptées par le Parti socialiste et la loi sur le cumul des mandats ».
Nous saluons l’engagement de ces responsables socialistes. Nous attendons de voir si Monsieur Destot et d’autres élus concernés choisiront de suivre leur exemple ou de continuer à ignorer les règles de leur propre parti.




Groupe Écologie & Solidarité
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