CM du 17 novembre 2008 - Délibération 29-C 003 ETABLISSEMENTS PUBLICS

MC2 Grenoble - Rapport d’activité 2007

Intervention de Gwendoline Delbos-Corfield

Les écologistes ont toujours posé la question du public de la Maison de la Culture, même s’ils ont soutenu son renouvellement. Symboliquement, les Maisons de la Culture ont pu incarner, dans les années 60, une voie pour valoriser le spectacle vivant, décentraliser la culture et la rendre accessible à tous. Déjà à l’époque, elles avaient cependant des allures de « cathédrales » qui pouvaient empêcher leur accès à tous.

Au moment de la rénovation ambitieuse de l’ex-Cargo, des interrogations existaient dans le milieu culturel. Aujourd’hui, la MC2 existe, il ne s’agit plus de remettre en question sa conception. C’est un outil formidable, c’est même un bijou rare, dans un écrin, un lieu de l’excellence pour l’excellence. Mais assure-t-il son rôle d’accès à la culture pour tous ? Dans le contexte connu de désengagement de l’Etat, de restrictions financières, de difficultés budgétaires des collectivités locales, nous sommes inquiets pour l’avenir des petits équipements culturels, des petites compagnies de spectacle vivant, des bibliothèques de quartier, tout ce qui crée un tissu dense et diversifié d’actions culturelles quotidiennes sur le terrain. Ces actions qui sont les premières portes d’entrées, les passerelles vers les propositions plus élitistes de la MC2.

De même, on peut être encore plus soucieux de l’avenir de cette démarche particulière qu’était l’éducation populaire. La MC2 fait-elle un travail réel d’accompagnement du public ?

On ne naît pas lecteur, on ne naît pas spectateur de théâtre ou de danse contemporaine, on ne naît pas auditeur de concert de musique classique ou de jazz : on le devient, parfois très jeune, du fait de son entourage familial, ou plus tard, par des rencontres, des propositions culturelles, des actions concrètes d’accès à la culture. L’accès à la culture est un droit essentiel, la culture est garante de la liberté de penser comme l’éducation. Les collectivités locales doivent rendre effectif ce droit. Si elles se contentent de créer des équipements sans impulser de politique culturelle, elles ne permettent pas à ces équipements d’assurer leur mission de service public à l’égard de tous, mais elles provoquent de fait une politique discriminatoire, en faveur de ceux qui ont les clés de la culture et les habitudes de la pratique culturelle.

Au moment même où nous votons le rapport d’activités de l’EPPCC de la Maison de la Culture, tous les membres de la commission culturelle ont reçu ce livre « Pratiques et représentations culturelles des Grenoblois ». Ce livre fait suite à un travail mené par la municipalité avec les acteurs culturels et à une étude sociologique auprès des Grenoblois, lors du précédent mandat. Ce travail d’étude sur la politique culturelle locale était, non seulement, relativement novateur mais aussi pertinent. Cet ouvrage révèle bien le sentiment de légitimité qu’on peut avoir face à la culture et la difficulté pour le plus grand nombre de grenoblois à se penser légitimes par exemple, à être spectateurs de la MC2.

Je l’ai dit, la MC2 existe désormais et donc nous ne reviendrons pas sur son coût de construction. En revanche, la politique culturelle peut évoluer pendant ce mandat. Etre plus exigeant en terme de mutualisation avec les autres équipements et acteurs culturels, une implication plus forte sur les projets et créations locales, un travail approfondi et durable d’accompagnement et de recherche des publics. Les collectivités locales peuvent et doivent orienter le rôle de ces établissements culturels, d’autant plus que désormais la politique culturelle territoriale repose le plus souvent sur des financements croisés, et c’est le cas de la MC2. Toutes les collectivités se retrouvent ainsi liées entre elles, et une surabondance de subventions vient arroser la même structure, au détriment des nouveaux projets ou des projets plus humbles qui n’ont jamais accès au circuit de financements puisque tous les fonds sont déjà attribués.

Nous nous abstiendrons sur ce rapport d’activités dans l’attente et l’espoir que la MC2 soit l’instrument d’une politique culturelle plus solidaire et plus inventive qu’elle ne l’est actuellement.

Délibération adoptée. Votes :

- Abstention : 13 (5 Verts, Ades, Alternatifs / 8 UMP)

- Ne Prennent Pas Part au Vote : 2 (1 Verts, Ades, Alternatifs – Olivier Bertrand / 1 UMP – Hervé Storny)

- Pour : 44 (PS / MoDem / PC / Go)


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