Conseil Municipal du 27 février 2012 Délibération n°1-A 011 - URBANISME AMENAGEMENT

Flaubert - projet de renouvellement urbain : bilan de la concertation sur le projet de renouvellement urbain au titre de l’article L.300-2 du Code de l’Urbanisme.

par Gilles Kuntz

Je voudrais suite à ma collègue compléter l’intervention de notre groupe sur plusieurs points :

Au sujet des déchèteries
Il s’agit d’une compétence d’agglomération, mais la ville de Grenoble est bien entendu sollicitée en ce qui concerne son territoire. Or, aujourd’hui les décisions sont prises en dehors des instances démocratiques : le conseil municipal et les habitants en sont écartés.
Pourtant les projets sont d’importance pour Grenoble : suppression du Centre Technique d’Equipement (CTE) Jacquard de Grenoble et redécoupage du territoire de la Métro en 3 CTE au lieu de 4 avec un nouveau centre créé en limite de Grenoble sur l’ancien centre de tri postal d’Eybens. Ce projet présenté en commission SPE et aux vices-présidents le 25 mars 2011 a été approuvé par délibération de la Métro le 11 juillet 2011. Qui dans cette assemblée en a entendu parler en dehors des éluEs à la Métro ?
Aujourd’hui il existe sur l’agglo une vingtaine de déchèteries et seulement trois sur Grenoble pour plus de 40 % de la population. Un rapport des services de la Métro affirme que « 92 % de la population sont à moins de 10 minutes d’une déchèterie ». Pourtant nous pouvons douter de ce chiffre, car l’absence de déchèteries dans le Nord de la ville rend impossible le respect de cette règle. Et la suppression récente des déchèteries Ampère et Ile-Verte n’a rien arrangé.
Comment alors ne pas entendre les inquiétudes des habitants sur le trafic engendré par le déplacement de la déchèterie Jacquart, de loin la plus importante de l’agglomération, sur le nouveau site Charvet, tant que la déchèterie Nord n’est pas ni prévue par délibération, ni même localisée ?
Comment peut–on écrire sans cette donnée dans l’annexe du bilan de concertation en réponse au CCS4 : « Enfin, la rue Honoré de Balzac sera réaménagée prochainement en lien avec les entreprises Richardson et la SADE afin d’envisager plus sereinement l’accès à la déchetterie et la légère augmentation du trafic sur cette rue. » ?

A propos de la densité urbaine
Permettez-moi d’abord de citer des passages d’un article du Monde de samedi dernier.
« Les urbanistes ont donc proposé leurs modèles.(..) Tous semblent toutefois partager dorénavant une conviction, presque un mot d’ordre : il faut densifier. Densifier les centres-villes, même si les terrains à bâtir manquent cruellement. Des usines, des casernes, des hôpitaux trouvent alors de nouvelles fonctions.(…) Plutôt que céder à la mode de la destruction pure et simple de tours ou de barres, urbanistes et architectes proposent de les remplacer par des unités plus petites, d’y adjoindre des commerces, d’y ramener des professions libérales. Rennes, Grenoble ou Strasbourg ont emprunté ce chemin ». On peut noter à ce propos que le journaliste est mal informé pour notre ville où d’une part des tours sont proposées et d’autres part des destructions ont lieu pour des raisons obscures comme celle du 50 galerie de l’Arlequin que M.Lion propose d’éventrer contre l’avis de ses collègues Lacaton et Vassal.
Plus loin :
« Et les 30 % chers à Sarkozy, dans tout ça ? Une mesure « électoraliste », « brutale », « démagogique », affirment en chœur tous nos interlocuteurs. » A ce propos nous attendons la réponse du Maire à notre courrier lui demandant un débat sur cette disposition que nous n’approuvons pas.

Au sujet du nécessaire rôle des habitants :
« La ville-réseau hier, la ville durable, densifiée et décarbonée aujourd’hui, tout ça, ce sont des modèles faits sans les habitants. N’oublions jamais qu’avec leurs pieds, avec les roues de leur automobile et avec la bénédiction des autorités, les Français ont choisi la ville peu dense. Pas seulement par refus de la mixité sociale, mais aussi par rejet des nuisances de la densité mal maîtrisée. Pour réussir aujourd’hui une densification qui ne soit pas vécue comme une souffrance, il faut repenser les formes architecturales. » La tour Bois-le-Prêtre, à Paris (dans le 17e arrondissement), réhabilitée par Lacaton et Vassal, prouve (..) que l’objectif peut être atteint.
Pour finir, l’article invite architectes, urbanistes, sociologues, juristes et économistes à changer de nature : « Qu’ils ne se vivent plus comme des dompteurs qui descendent dans l’arène expliquer aux fauves qu’ils ont tort de rugir, mais comme des accoucheurs de la co-construction. »
Autrement dit, « il faut revoir les formes de démocratie urbaine. Pas cette démocratie participative devenue le cache-sexe de notre impuissance à faire évoluer la ville. Non, c’est l’ensemble de la procédure qu’il faut reprendre. »

Au sujet des interventions de M. Lion
Sauf erreur, c’est la première fois que M. Lion nous honore de sa présence lors d’un conseil municipal. Permettez-moi donc de terminer mon intervention en m’adressant à vous plus directement.
Dès votre arrivée à Grenoble pour le projet Villeneuve, vous avez mis les habitants contre vous par des déclarations et des écrits que je cite :
Dans une lettre du 23 mars 2004 au DGA à la vie urbaine :
« Cette situation est aujourd’hui, à notre avis, à l’origine de la crise que connaît la Villeneuve, où de l’avis de tous, le danger de l’autarcie et du repli sur soi, menacent les qualités fondamentales de ce lieu : belle présence humaine, logements pour la plupart excellents, parc public de très grande qualité, splendides horizons lointains. » On peut se demander à ce propos pourquoi démolir des logements excellents ?
« Notre mission concerne « la cohérence urbaine ». C’est dans cet esprit là, que nous proposons un certain nombre d’actions simples, quitte à heurter la sensibilité de tel ou tel habitant dont on conçoit, bien entendu, qu’il ait pris certaines habitudes. »

L’avis du CCS4 rapporte aussi des propos :
« Si on laissait faire les habitants, ce serait l’anarchie »

Mais pour élever le débat, je voudrais reprendre une interview récente donnée à France Culture le 12 février dernier :
« Les PLU sont des fils à la patte de projets extrêmement simplifiés. Il serait temps que les projets se fassent et qu’ensuite on légifère sur les projets qui sont possibles. »
« Désormais, le projet précède la règle. Aujourd‘hui on est encore en train de courir après la règle alors qu’il faut d’abord initier des projets et en déduire les PLU qui aujourd’hui désignent autant les possibilités de faire que de ne pas faire. Le PLU permet de fabriquer du débat démocratique mais après que l’on ait su tout ce qu’on pouvait tirer d’un lieu dans la ville »
« Il faut trouver tous les moyens pour construire plus de logements »
« La posture politique récente, la réglementation, tout est fait pour ne pas construire »
« Il faut tout faire pour renforcer la densité »
Vos paroles, dont on ne peut pas nier la franchise, nous éclairent sur votre projet trop dense et peu ou pas construit avec les habitants.

Vote du Groupe sur les 3 délibérations relatives à la ZAC Flaubert : CONTRE
Autres votes : Droite 9 CONTRE, le reste POUR




Groupe Écologie & Solidarité
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