Conseil Municipal du 21 février 2011 Délibération 3 - A 014 – URBANISME AMENAGEMENT

Plan local d’urbanisme de Grenoble - bilan en matière de logement

par Maryvonne Boileau

Pour commencer, une petite rectification sur les chiffres qui ont été présentés. Il pourrait y avoir une confusion entre les périodes POS et PLU : le PLU date de 2005 et c’est parce qu’il date de cette année qu’on peut observer une évolution de la situation de construction de logements.

Ce bilan intervient après le rapport de la Fondation Abbé Pierre sur le mal logement. Le diagnostic est très alarmant sur la situation et l’orientation actuelle. Il faut rappeler que la responsabilité du logement incombe toujours à l’Etat dans notre pays. Pourtant, alors que la crise du logement s’aggrave considérablement, pour reprendre une expression bien connue, nos gouvernants regardent ailleurs. Le fameux plan Marshall pour les banlieues promis en 2007 par le président actuel durant sa campagne est définitivement abandonné selon le ministre actuel de la ville. Il est vrai qu’il y avait aussi la promesse de faire une France de 70 % propriétaires, malgré les aides proposées, nous allons vers cette possibilité mais à un tel rythme, que pour couvrir les 14 % du gap actuel, il va falloir plusieurs dizaines d’années. Par contre, dans le même temps, différents plans de défiscalisation ont été proposés dont certains se sont avérés d’une grande absurdité et surtout, les montants d’aides apportées aux investisseurs dépassent maintenant les aides au logement social. Et la crise continue de s’aggraver avec des logements qui restent vides en raison de leur emplacement totalement inadapté sans oublier les loyers bien plus élevés que ceux des logements sociaux. Quant aux effets d’annonces de l’accession à 1 euro par jour, là aussi formidable réussite surtout en nombre de logements construits sans omettre que les communes devaient offrir le foncier gratuitement.

Ce bilan logement du PLU arrive dans le contexte de crise qui s’aggrave notamment sur le plan social.
La lecture des chiffres et analyses de ce bilan permettent d’observer que lorsqu’il y une volonté d’agir, des résultats assez satisfaisants sont au rendez vous.
La ville de Grenoble a très nettement accru sa production de logements, notamment de logements familiaux en doublant le nombre de logements sociaux neufs.

Il n’en reste pas moins que la réponse n’est pas à la hauteur des besoins. Malgré la position de ville centre, Grenoble ne peut pas répondre à toutes les demandes de logements : logements sociaux, accession à la propriété pour les ressources des classes moyennes. Grenoble est à l’image de l’ensemble de la France.

De plus, il y a la contrainte foncière en raison de notre situation géographique. Cependant on s’aperçoit que la volonté de créer des ZAC apporte une aide considérable à des possibilités de constructions de logements divers et de locaux d’activité commerciale ou de services.

Ce rapport plutôt précis, présente toutefois un vrai manque d’information concernant la répartition des logements.
Avant 2008, ce bilan était régulièrement présenté en démontrant avec précision les différentes constructions en ZAC et hors ZAC. Force est de constater qu’il n’y a pas cette précision qui est pourtant de la première importance. Nous allons en faire la demande.

Concernant les chiffres de constructions prévus par ce PLU qui définissait le chiffre de 1700 logements/an. Or, la répartition est inéquitable. En effet, Grenoble doit assumer seul 850 logements et le reste de l’agglomération 850, chiffres assis sur des bases de terrains constructibles dont la superficie manquait pour le moins de précision, peut être de véracité. Donc Grenoble assume au mieux ses responsabilités, mais peut on en dire autant du reste de l’agglomération ? De là à observer qu’en ne fournissant pas les bons chiffres de disponibilités foncières pour éviter d’avoir à construire trop de logements sociaux dans certaines communes, il n’y a qu’un pas que nous ne franchirons évidemment pas.

Nous ne reviendrons pas sur la question du logement social qui a déjà été abordé au moment des bilans d’ACTIS et de Grenoble Habitat.
Par contre, nous observons la persistance du manque de logements spécifiques dont le logement étudiant qui relève également de la compétence de l’Etat. Ce manque de logement étudiant entraîne des loyers incompatibles pour les étudiants peu fortunés ou pour les jeunes qui entrent dans la vie professionnelle, ou bien encore tous ceux qui sont en formation en alternance. Nous sommes dans le système de la débrouille individuelle, et les montants des loyers et charges de certains étudiants peuvent atteindre de 70 à 80 % de leurs ressources. _ Comment faire des études sereinement dans de telles conditions ?
Pour ce qui est des terrains de gens du voyage, à quoi bon sans cesse répéter la même chose, puisque visiblement depuis l’abandon du terrain sur la presqu’île, il n’y a pas moyen d’arriver à répondre aux obligations légales.

Quant à l’accession sociale à la propriété, c’est vraiment un tout petit chiffre et c’est tout à fait regrettable. D’aucuns diront qu’il y a le risque de la spéculation par les acquéreurs potentiels. Tout dispositif peut être dévoyé par quelques individus. Mais nous restons persuadés qu’un plus grand nombre de logements en accession sociale pourrait être construits. Ce qui offrirait du même coup, quelques possibilités de parcours résidentiels. Quant aux abus, les mêmes qui sont outrés par ces quelques profiteurs, ne s’indignent pas envers ces propriétaires investisseurs qui utilisent cette astuce pour s’enrichir sur le dos des contribuables.

Concernant la requalification des logements existants et la lutte contre l’habitat insalubre dans le centre ancien qui a permis des rénovations de qualité et une amélioration certaine de l’aspect du centre ville. Le parc social a fait des efforts considérables sur son patrimoine. Certaines copropriétés ont bien des difficultés à entrer dans un cycle vertueux de requalification tant sur l’aspect extérieur ou intérieur des bâtiments que pour lutter contre les passoires thermiques. Heureusement les OPATB à l’initiative des élus écologistes avant 2008, ont permis des réhabilitations, mais le nombre est très insuffisant et surtout les aides ne sont pas à la hauteur des enjeux du Grenelle qui vont devoir être effectifs en 2012, et totalement existants en 2020. A la vitesse où nous allons, nous sommes loin des objectifs facteur IV pour 2050.

La question des formes urbaines doit aussi attirer notre attention. En effet, Grenoble est déjà une ville dense avec de nombreuses constructions en hauteur. Cependant, à part les 3 tours qui sont dans un espace très particulier que nous n’aurons plus à Grenoble, il serait probablement totalement contraire à l’idée d’une ville écologique de vouloir à tout prix construire des bâtiments de grande hauteur dans les ZAC en préparation. De plus, n’oublions pas, qu’à ce jour et avec les connaissances que nous avons, il s’avère impossible de construire des tours BBC. Pour le moment, le mieux que l’on puisse réaliser est à R + 5 + 1 et encore nous manquons de résultats d’expertises fiables concernant les consommations énergétiques de ces bâtiments.

Dépasser le niveau de R + 6+2 serait contraire à l’espace environnant des prochaines ZAC Esplanade et Presqu’île. Quant aux constructions d’immeubles de bureaux, il vaut peut être mieux s’abstenir d’en programmer de grandes quantités, ne serait ce que pour faciliter la location ou la vente du patrimoine neuf existant et pour lequel les acquéreurs ne se bousculent pas.

En conclusion,

- Nous pouvons dire que le bilan est plutôt satisfaisant mais perfectible. Nous devons veiller à l’amélioration constante de la qualité architecturale. La protection de l’environnement ne peut pas justifier trop de simplisme. Les maîtres d’œuvres doivent poursuivre les efforts pour rechercher le geste architectural qui rend la ville agréable à parcourir, tout autant que le confort d’un logement.

- Nous demandons également que les projets d’aménagements, prévoient des commerces de proximité qui sont la meilleure garantie pour éviter les déplacements à la périphérie. Sans oublier qu’accepter sans cesse des grands espaces commerciaux est un non sens, car au final, ils finissent par s’anéantir les uns les autres.

- Enfin pour le futur, nous pensons qu’il est nécessaire d’être plus audacieux pour construire le Grenoble écologique et solidaire que nous appelons de nos vœux, ce qui nécessite d’avoir un projet global qui permette à tous les habitants de cette ville d’accéder à un emploi, un logement, dans le cadre d’un débat démocratique permanent, à l’issue desquelles les décisions tiendront réellement compte des souhaits des habitants.

Vote du Groupe sur cette délibération : POUR




Groupe Écologie & Solidarité
EluEs Verts, ADES, Alternatifs de la Ville de Grenoble

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