Conférence de presse du 29 novembre 2007

Oui à un projet « Global » scientifique et urbain - Non à une recherche et une ville à deux vitesses

Il s’agit de penser à l’avenir et d’inscrire Grenoble dans la démarche des villes européennes soutenables, ville de la connaissance, des savoirs, de l’éducation et des cultures s’appuyant encore plus fortement sur nos ressources scientifiques et universitaires dans un projet urbain d’agglomération.

 « Giant », un projet réducteur et dangereux

Le conseil général puis le conseil municipal de Grenoble à l’unanimité de la gauche et de la droite ont adopté la logique du projet « Giant » d’aménagement du Polygone scientifique. Seuls les élus écologistes ont voté contre.

Ce projet est un reniement de l’histoire de Grenoble, il est réducteur et dangereux pour l’avenir de Grenoble et de notre agglomération. En fait le projet « Giant » démontre encore une fois la tentative de mainmise du directeur du CEA avec la complicité du Maire de Grenoble sur les politiques des collectivités publiques.

« Giant » est un projet réducteur !

La réalité universitaire et scientifique de Grenoble et de l’agglomération est bien différente, elle est plus globale. La richesse de notre agglomération c’est que l’université et la recherche scientifique est répartie sur l’ensemble du territoire urbain.

Du seul point de vue de la formation, il y a au total 50 000 étudiants répartis dans 4 établissements universitaires. 58% des étudiants sont inscrits en sciences humaines et sociales, 42% en science et technologie. En terme urbain, il n’y a que 406 étudiants sur le Polygone, contre 12 357 au centre ville de Grenoble, 4 471 sur l’axe Sud de Grenoble à Echirolles, 4 803 au campus Santé à la Tronche et Meylan, et enfin 33 058 étudiants sur le campus de St Martin d’Hères-Gières.

Du point de vue de la recherche « Giant » est également extrêmement réducteur. La recherche ce n’est pas que le Polygone et ce n’est pas que le CEA, c’est aussi la recherche universitaire (UJF, UPMF, Stendhal, INPG) et c’est aussi le CNRS, l’INSERM. C’est également des laboratoires internationaux qui eux sont pour la plupart sur le site du polygone. Sur l’agglomération il y a pas moins de 11000 emplois dans la recherche publique, 3500 doctorants et stagiaires accueillis dans les laboratoires. Les 200 laboratoires de recherche publics sont répartis sur les différents sites. Sur le site de l’agglomération grenobloise, 15 000 emplois sont consacrés à la recherche.

« Giant » est un projet dangereux !

« Giant » est en rupture avec l’histoire de notre ville. Le développement de Grenoble depuis l’après guerre s’était appuyé sur un échange fécond et équilibré entre la recherche, la formation, l’industrie et l’insertion urbaine dans un espace contraint. La valorisation de la recherche a été socialisée par un transfert immédiat des données de la recherche vers la formation et cela dès les premiers cycles universitaires. Le développement universitaire et scientifique s’est intégré dans l’ensemble du territoire de Grenoble et l’agglomération. Cette politique s’est même poursuivie avec le plan université 2000 qui a vu le renforcement à Grenoble d’une insertion universitaire et scientifique sur l’axe Sud avec la cité des territoires à Vigny-Musset et l’installation de l’Institut de la communication à Echirolles.

En niant le reste des autres disciplines et en niant le reste des autres sites universitaires et scientifiques le projet « Giant » veut fabriquer une recherche à deux vitesses et une ville à deux vitesses par un enfermement d’une certaine science dans le seul site du Polygone.

Pourquoi un tel silence de la Métro sur le projet « Giant » ?

Le silence de la Métro et le vote du Conseil général sont très surprenants. Ces deux institutions devraient avoir une vision plus large que celle très restrictive du maire de Grenoble.

Il est très désobligeant vis-à-vis des nombreux chercheurs, des enseignants, des personnels techniciens, administratifs et des étudiants de considérer que seul le polygone scientifique doit être réaménagé.

Nous écologistes, nous défendons l’idée qu’il faut poursuivre un développement équilibré au sein du territoire de l’agglomération associant le triptyque recherche, formation, industrie dans un projet urbain d’agglomération.

Il est illusoire de croire qu’il y a de l’innovation dans l’enfermement des disciplines. C’est au contraire à la frontière des savoirs que se trouvent les gisements de l’innovation. Il faut donc s’attacher à trouver un équilibre entre toutes les disciplines fondamentales et appliquées présentes sur l’ensemble du territoire.

Il est illusoire également de croire qu’il peut y avoir de l’innovation scientifique sans de l’innovation sociale. L’inscription de cette démarche dans la ville, pour l’ensemble de la ville et de ses habitants participe à un processus d’innovation sociale et urbaine.

L’avenir du développement universitaire pourrait être aujourd’hui compromis par le manque de logements accessibles aux étudiants. Un effort sans précédent doit être fait en direction du logement des étudiants. Trois quarts des étudiants viennent de l’extérieur de l’agglomération. Ils sont donc près de 40 000 à loger alors que le Crous ne compte que 6000 places en résidence. Certaines résidences étant totalement à réhabiliter.

Nous sommes favorables à un projet d’aménagement du Polygone mais à condition qu’il soit en lien avec le centre ville de Grenoble, en lien avec le Campus Santé de la Tronche, en lien avec l’axe Sud Grenoble Echirolles et en lien avec le campus de St Martin d’Hères-Gières.

Encore plus que le Polygone, le patrimoine bâti du Campus est aujourd’hui très dégradé, c’est un gouffre de consommation d’énergie. Les conditions de travail des étudiants et des enseignants ne sont pas à la hauteur et les laboratoires manquent de place et de moyens. Le manque de services est tout aussi criant voir plus. Le logement étudiant est en crise profonde, là aussi des aménagements permettant une meilleure vie sociale étudiante dans la ville est souhaitable.

Ces liaisons entre les différents sites universitaires et scientifiques concernent toute la politique urbaine. Il s’agit de prévoir une accessibilité des chercheurs, enseignants, étudiants, personnels techniques et administratifs, à des moyens et des services de proximité permettant une vie sociale de toutes et de tous.

Nous tirons le signal d’alarme depuis quelques années. Ce n’est plus le triptyque « Université Recherche Industrie » qui se développe mais un nouveau paradigme « Industrie, recherche, université ». Le pilotage de la recherche et de l’université par l’aval est dangereux à terme. N’oublions pas que le rayonnement scientifique de Grenoble vaut beaucoup par ses chercheurs de toutes disciplines, y compris les sciences humaines et sociales et ses grands instruments européens orientés, en priorité, vers les recherches fondamentales.

Après le projet Carignon Europôle, le maire de Grenoble et le directeur du CEA tombent dans le Mondialopôle du Polygone ! S’il y a peut-être de choses intéressantes à prendre dans le projet d’architecte Vasconi, il y a surtout de très mauvaises choses, comme l’envahissement de la voiture avec l’échangeur de la rocade et la transformation de l’avenue de Martyrs en 2 fois 3 voies de circulations dont deux pour les automobiles, c’est-à-dire un gabarit plus important que l’A480 ! Et cinq tours de grande hauteur qui vont défigurer le paysage.

 En alternative à « Giant » nous proposons le projet « Global »

Il s’agit de penser à l’avenir et d’inscrire Grenoble dans la démarche des villes européennes soutenables, ville de la connaissance, des savoirs, de l’éducation et des cultures s’appuyant encore plus fortement sur nos ressources scientifiques et universitaires dans un projet urbain d’agglomération.

Il s’agit de penser à long terme à l’implantation des laboratoires de recherche et des formations universitaires et de leurs relations qu’il faut intensifier, avec tous les services urbains d’accompagnement (en particulier le logement social étudiant, les déplacements doux, les services essentiels de proximité et de solidarité) en les intégrant mieux dans l’ensemble de l’agglomération dans une vision de développement soutenable et équitable.

« Global » exige de changer la méthode de travail

« Global » devrait d’abord associer la Ville de Grenoble et les communes intéressées, La Métro, le département et la région Rhône-Alpes d’une part et d’autre part l’ensemble des acteurs de la recherche et des formations universitaires (enseignants, chercheurs, personnels administratifs et techniques, étudiants) et pas seulement quelques directions d’organismes.

« Global » exige de changer les priorités :

  • Grenoble devra poursuivre son développement en s’appuyant et en articulant mieux ressources scientifiques et universitaires et ressources urbaines à l’échelle de l’ensemble de la ville et de l’agglomération.
  • Il faudra consolider et renforcer, dans une même démarche l’ensemble des liens entre les sites de l’axe Sud, du Campus de St Martin d’Hères-Gières, du Campus Santé et du Polygone.
  • La ville de Grenoble devra pour sa part favoriser une continuité urbaine entre le centre ville et le secteur Nord-Ouest de la ville dont le Polygone scientifique.
  • Le prolongement de la ligne B de tramway est une priorité. Elle a déjà pris du retard, le projet « Giant » risque de lui en faire prendre encore plus.
  • La ligne B sur l’avenue des Martyrs devra permettre de réaliser de nouvelles constructions de logements, dont du logement social étudiant, accueillant au rez-de-chaussée des services à la population.
  • Les aménagements devront se faire en fonction du dérèglement climatique : déplacements en modes doux essentiellement, notamment en vélo (pistes cyclables permettant d’atteindre le Polygone et les autres sites et campus de toutes les provenances), à pied (avec des sentiers aménagés) et en transport en commun (lignes de tram et de bus), constructions HQE, développement des énergies renouvelables (dont le photovoltaïque)…
  • Le projet urbain du Polygone devrait être guidé par les ressources environnementales de la confluence du Drac et de l’Isère. C’est une espace naturel qu’il nous faut préserver et valoriser. Les rives peuvent devenir des espaces publics pour tous les grenoblois et l’eau une ressource pour les aménagements paysagers du Polygone. L’urbanisme de M. Vasconi c’est l’urbanisme du plein ! Plein d’infrastructures, plein de tours de grandes hauteurs ! Alors que l’urbanisme de la ville dans le futur c’est maintenir des vides en leur donnant des dimensions sociale, publique, paysagère et culturelle.
  • Avant de faire du clinquant, il faut d’abord penser à la vie quotidienne de tous ceux qui travaillent : commerces, services publics, logements avec la priorité au logement étudiant que la Métro doit prendre en main (ce qu’elle n’a pas fait pour l’instant asphyxiée par le poids financier du grand stade).
  • Le Polygone devrait, en concertation avec les universitaires, renforcer la présence des formations pluridisciplinaires à côté de la recherche.
  • Les étudiants devraient être mieux intégrés à la ville en leur donnant la possibilité de participer à des activités de solidarité auprès des jeunes en formation.

Comme la proposé l’adjoint écologiste à l’urbanisme et à l’environnement de la ville de Grenoble, il faudra lancer des marchés de définition qui permettront de mettre au travail plusieurs urbanistes, architectes, paysagistes pour éclairer les choix et non des études secrètes pilotées par on ne sait qui, comme c’est le cas avec l’architecte Vasconi pour « Giant ».

L’élaboration démocratique est une condition nécessaire au succès. C’est pourquoi nous proposons que soient organisés sur le campus, le polygone et dans l’agglomération des ateliers citoyens ouverts à tous les volontaires pour émettre des idées sur ce qu’il faudrait faire comme aménagements urbains et recenser les services dont les salariés, les étudiants et les habitants ont besoin.


Documents joints

Tract distribué le 20/2/8 à une réunion sur l’université de Grenoble

21 février 2008
Document : PDF
140.5 ko

Conf. de presse « Global » 29-11-07

1er décembre 2007
Document : PDF
98.6 ko

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