Conseil Municipal du 25 janvier 2010

Regard critique d’une élue écologiste

par Gwendoline Delbos-Corfield

Avaient-ils tous imaginé que ce conseil municipal était sans intérêt ? Peu de délibérations effectivement, et une fin annoncée à 20H30. Sur les bancs de la droite comme parmi la majorité, le calme plat sauf pour nous répondre, et parfois avec des éléments peu préparés. Pourtant certaines délibérations étaient d’une grande importance. Et chaque conseil municipal appelle à une grande vigilance face aux choix d’aménagement urbains de cette majorité, choix guidés par le seul intérêt économique.

Nous avons fait vivre ce conseil municipal encore plus sûrement que d’autres fois : interrogeant à nouveau la pertinence des financements des collectivités locales sur la presqu’île scientifique et dans les dispositifs CPER (Contrat Plan Etat Région) et plan campus. Des projets scientifiques, dédiés aux nouvelles technologies, avec des applications commerciales rapides et suffisamment rentables, voilà la recherche et l’enseignement favorisés à Grenoble, et dans l’agglo. Quid des sciences humaines et de la valorisation de ses richesses universitaires ? Quid de la mixité des disciplines et des interactions entre techniques et littérature qui font la force des campus américains tellement cités par nos éluEs locaux ? Quid du campus de Saint-Martin d’Hères et ses résidences universitaires dégradées et sinistrement vétustes ?

Nous avons regretté que la suite de la ligne E du tram ne soit pas encore financée. Bonne nouvelle, le tram E ira jusqu’au stade Lesdiguières, 1,7 km supplémentaire. mais pourquoi ne pas le continuer jusqu’au Rondeau dans un premier temps, pour rejoindre Pont de Claix dans les années qui viennent ? Permettre véritablement l’alternative à la voiture et le libre accès de tous aux lieux de travail et aux activités de centre-ville, c’est faire en sorte que les habitants de la périphérie aient des systèmes faciles et agréables de transports. Aujourd’hui les gens venant du sud devront quitter la ligne 1, pourtant très pratique, pour changer et rentrer dans un tram, et emprunter encore un autre véhicule aux abords de l’hyper centre. Engager les moyens financiers nécessaires sur le tram, n’est pas encore le choix prioritaire des collectivités. Il faut dire qu’il y a une rocade en suspens qui pourrait gréver les budgets...

Nous nous interrogeons aussi sur le bilan de la délégation à l’Europe. Il y a effectivement un Délégué à l’Europe dans cette mandature, parti quatre fois en déplacement rien que ce mois-ci... Nous demandons une clarification sur l’avenir du Palais des Sports, les frais engendrés chaque année en centaines de milliers d’euros et la continuité d’une convention qui devait être retravaillée et aboutir à de nouvelles propositions pour cet équipement. Enfin, nous signalons nos inquiétudes et notre refus d’un dispositif nouveau voulu par la ville dans le cadre de l’opération « Quai de la Graille - terrain Schneider ». Pour coordonner les différents projets de construction, une SAS (Société par Actions Simplifiées) va être créée, instance de quatrième échelon, qui ne rendra jamais de compte directement au conseil municipal, et dont le capital sera détenue à 51% par BNP Paribas. La SEM ne sera actionnaire que de 49% des parts. Dans cet enchevêtrement de sociétés mixtes, comparables à des poupées russes, qui sera propriétaire au final des équipements publics faits avec l’argent de la ville ? Qui prendra les risques financiers et les assumera, si souci il y a ? Quelle visibilité démocratique et comment assurer l’intérêt général ? Ils sont plusieurs alors à se mettre en colère - le Président de Grenoble Habitat en tête - nous accusent de créer des fantasmes, crient à l’innocence et aux procédures connues déjà mille fois utilisées. Notre défiance n’est pas illégitime : il est étonnant de ne pas privilégier un aménageur public, type bailleur social, et l’argument de la lenteur administrative a été bien trop souvent utilisé pour justifier toutes les privatisations, et tous les renoncements au service public. Mais, il semblerait que remettre en cause cette constitution de SAS soit un véritable crime de lèse-majesté. Il y a des sujets qui fâchent plus que d’autres... Pourquoi tant de rage face à nos questionnements logiques d’écologistes concernés par l’aménagement des espaces publics ? Nous restons également perplexes en entendant l’adjoint à l’urbanisme parler régulièrement d’opportunité à saisir, et de terrains à vendre : nous lui demandons de ne pas devenir un adjoint à l’immobilier ! La remarque évidemment ne plaît pas, le maire s’emporte et dénonce un propos « superfétatoire ». Faut-il comprendre qu’il est superflu de préciser à propos de l’adjoint à l’urbanisme, qu’il est aussi adjoint à l’immobilier ?

De manière générale, Monsieur le maire n’apprécie pas nos questions et commentaires, il voudrait voir la séance se terminer vite. Il explique à plusieurs reprises qu’on n« est pas là pour avoir des débats de fond ». Et il sera franchement agacé, à l’occasion d’une question sur le devenir du Théâtre 145 et de la compagnie des Barbarins Fourchus, dans la délibération qui prolonge la convention jusqu’en décembre 2010 avant changement de statut. Il presse l’adjointe à la culture d’en finir, Eliane Baraccetti qui doit intervenir 3 fois l’an à peu près 10 minutes en tout et pour tout, et qui n’ a même pas la possibilité de présenter sa dizaine de délibérations au cours des conseils. Rien n’est plus expédié que la culture dans ce conseil municipal. Sauf peut-être la vidéo-surveillance... qui n’a même pas droit à une délibération mais qui pourtant s’implante bien dans la ville. L’adjoint aux finances et à la sécurité, premier adjoint rappelons le - c’est dire les priorités de ce mandat - ne nous parle jamais - absolument jamais- de ce qui est imaginé et mis en place en termes de sécurité. En revanche, on sait par l’étude des marchés que les installations se multiplient partout dans les quartiers avec des coûts importants pour les budgets et sans aucune transparence, comme d’habitude.

Souriez, à Grenoble, vous êtes surveillés ! La ville phare de la nouvelle technologie, héroïne de la culture scientifique, délaisse l’autre culture et les sciences humaines, aménage vite et bien son esplanade, sa presqu’île, ses quartiers grâce à des promoteurs immobiliers efficaces et rentables et s’assure que tout est sûr en toute sureté. Vous avez dit modernité ? Rappelez-vous : la liste conduite par Michel Destot s’appelait liste de gauche et de progrès. Le progrès, c’est quand PC et Modem ont le même programme, et qu’on ne sait plus distinguer les valeurs de l’un et les valeurs de l’autre. A Grenoble, le progrès, c’est tous les jours et ça fait peur.




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