CM du 26/10/09 - Délibération 1-A 011 – ENVIRONNEMENT

Grenoble, facteur 4 - Points d’avancement

Intervention d’Olivier Bertrand

Sur la rocade Nord, le moins que l’on puisse dire c’est que la délibération a évolué depuis la première version que nous avons eue en commission. C’est bien, c’est la preuve que sur ce sujet, ça bouge dans la majorité et que de plus en plus d’élus constatent que ce projet de rocade est à contre-sens de l’Histoire.

Nous avons montré la semaine dernière que la rocade, c’est avant tout une immense opération de communication mais que derrière les papiers glacés, il y a surtout du vent. Beaucoup de documents que nous avons révélés montrent l’ampleur du problème.

La Ville n’est pas en reste dans la communication : la première version de la délibération parlait « d’écosystème nouveau avec la rocade Nord ». Il fallait quand même oser ! Cette expression « d’écosystème » typique du greenwashing pratiqué avec la rocade a du irriter certains élus de la majorité et elle a disparue dans la deuxième version.

Mais cette nouvelle version était encore pleine de contrevérités et ne faisait que reprendre les affirmations sans fondement du Conseil général. Elle a, elle aussi, été complètement modifiée pour ne laisser place, dans la délibération soumise au vote aujourd’hui, qu’à 4 petites lignes. Ces 4 petites lignes sont très intéressantes puisque elles lient l’approbation du projet, par la Ville, à son bilan carbone et à son intégration urbaine. Nous voudrions donc remercier les élus de la majorité qui ont permis ces modifications. Mais nous voudrions surtout insister sur le fait que, tel qu’il est rédigé, le paragraphe est clairement une condamnation du projet.

Il est en effet écrit : « la Ville se prononcera lorsque les données complètes du projet seront connues, notamment de bilan carbone de bilan d’émissions locales et d’intégration urbaine dans le quartier de l’Esplanade, de la Presqu’ile et de l’Ile verte ». C’est la délibération.

Mais ces données, nous les avons déjà et il n’y en aura pas d’autres, pas de nouvelles, puisque les études ont été réalisées et ont été publiées.

Concernant le bilan carbone et donc notamment les rejets de CO², les études effectuées pour le compte du Conseil général, je cite le rapport « à un très léger gain en terme de consommation de carburant et donc d’émission de gaz à effet de serre ». Cela bien sûr, sans tenir compte du bilan carbone du chantier qui est évidemment considérable et qui ne serait «  absorbé » qu’au bout de 30 ans d’après le chef du projet rocade Nord. C’est écrit noir sur blanc dans la plaquette de communication du Conseil Général. Quand l’on rapporte cela à la logique de Facteur 4, c’est quand même la délibération d’aujourd’hui, on voit qu’il y a un gouffre.

Mais ce qui est le plus intéressant est que ce bilan déjà en soit très lourd a été complètement minimisé. Ce n’est pas les écologistes qui le disent, c’est le Président de l’ASCOPARG. Nous avons révélé la semaine dernière le courrier qu’il a transmis au Conseil général et qui est particulièrement sévère sur les méthodes utilisées pour les calculs d’émissions de polluants. Je cite encore : « l’outil choisit présente l’inconvénient de ne pas intégrer la méthode de calcul d’émission en vigueur depuis 2 ans dans les calculs d’émissions. La conséquence est de sous estimer les chiffres de 20 à 38% ». Ca, c’était pour l’affirmation de M. Chamussy. Pour faire simple et malgré les multiples alertes de l’ASCOPARG, le Conseil général a effectué des calculs à partir d’un outil que plus aucune agence de l’air n’utilise depuis longtemps en Europe. Et cela alors que l’ASCOPARG avait les données pour faire un travail honnête. Nous tenons le courrier, on l’a ici, à disposition des élus qui veulent le consulter.

Sur l’intégration urbaine du viaduc sur les quartiers de l’Esplanade et de la Presqu’ile, je me contenterai de citer le rapport transmis par le préfet de Région, il est sur le site de la préfecture de l’Isère. Le rapport ne parle pas d’intégration urbaine, comme dans la délibération, mais d’une rocade qui serait, je cite toujours « la principale contrainte » pour les projets urbains. « les retours en pareil cas montrent qu’à terme, le ressenti des populations vis à vis d’infrastructures routières en viaduc urbain reste globalement mauvais ».

Vous avez donc aujourd’hui tous les éléments possibles pour remettre en cause ce projet, en fonction des critères que vous avez vous-mêmes établis. En fonction des informations nouvelles que nous amenons aujourd’hui, nous sommes donc persuadés que nous émettrons, ensemble, un avis négatif au prochain Conseil Municipal sur l’enquête publique en cours.

Je vous remercie.

Après le refus de l’amendement déposé par l’UMP (9 Pour – UMP- 6 Abstention – Verts, Ades, Alternatifs - 44 contre – PS / MoDem / PC / Go), la délibération est adoptée. Votes :

- sur le plan d’action communal :

-  9 Contre (UMP)

-  6 Abstention (Verts, Ades, Alternatifs)

-  44 Pour (PS / MoDem / PC / Go)

- sur le mandat donné au Maire pour signer l’ultimatum climatique :

-  6 Abstention (Verts, Ades, Alternatifs)

-  53 Pour (PS / UMP / MoDem / PC / Go)




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