CM du 18/05/09 - EDUCATION 1-C 028

Projet éducatif grenoblois : engagements pour une politique éducative 2009-2014

Intervention de Gilles Kuntz

Marina Girod de l’Ain vient de parler de votre échec à modifier les rythmes scolaires. Je n’y reviendrai pas. En matière scolaire, la Ville doit mettre en place les moyens pour ouvrir, chauffer et entretenir les écoles nécessaires à l’enseignement maternel et élémentaire. Elle assure aussi la restauration scolaire et à Grenoble des activités périscolaires mises en place depuis des années dans le cadre des PEL (Projets Éducatifs Locaux). Aujourd’hui, alors que les PEL commençaient à être connus de tous, les enfants, parents et éducateurs vont devoir s’habituer à parler du PEG…

Nous ne sommes pas contre la démarche de revisiter les actions de la Ville en matière scolaire. Ce regard rétrospectif a l’avantage d’amener à évaluer les actions menées pour permettre une bonne projection sur l’avenir. Encore faut-il rester dans ses compétences en laissant à l’État et à ses personnels le soin de décider ce qui est de leur ressort ; de même d’autres collectivités sont en charge des collèges et des lycées. Nous devons agir avec elles pour les adolescents qui sont la portion congrue de ce projet.

Beaucoup de propositions de ce projet sont soit déjà réalisées à travers le travail de nos éluEs du mandat précédent agissant dans ce secteur (Jean-Marc Cantèle, adjoint à l’Éducation et Marina Girod de l’Ain, adjointe à la Santé), soit sont des vœux pieux qui font consensus, mais n’apportent aucune proposition nouvelle d’action. On ne peut pas être en désaccord avec un étalage de bonnes intentions. Seuls les moyens mis en place ne sont pas à la hauteur des objectifs : 100 000 € annoncés cette année à mettre en rapport avec les 230 000 € du plan d’actions du CCAS lancé aussi à grand renfort de communication. Rappelons que la deuxième édition de la Fête de la Neige qui se profile à l’horizon coûte 2 millions d’euros a toutes chances d’être décidée par cette majorité.

À qui voudra t’on faire croire qu’on attribue les moyens nécessaires aux politiques sociales ?

Pour en revenir d’abord à la convention proposée avec l’Éducation Nationale, ensuite au projet :

Dans l’article 1 de la convention : « Assurer la continuité éducative par l’action coordonnée des acteurs du temps de l’enfant »

1-3 . « Améliorer le temps de pause méridienne en professionnalisant les équipes d’encadrement… » Tout le monde est d’accord là dessus, mais ne faut-il pas engager une réflexion d’ensemble sur ce temps spécifique et se donner les moyens en terme de financement, de budget de formation des personnels. La convention, qui n’y répond pas, ne peut porter le nom « d’objectifs ».

1-4 « Expérimenter…un autre rythme » Comme nous l’avons dit, il ne peut être question de revenir à la semaine de 4 jours et demi avec l’opposition des conseils d’école. Existe-t-il un projet partagé avec l’EN sur cette question pour qu’on puisse l’inscrire dans cette convention ? Si oui, concerne-t-il l’ensemble du territoire de la ville ?

Article 2 « Développer dans les établissements scolaires la mixité sociale, culturelle et l’égalité des chances ».

2-1 . « Valoriser, développer et inscrire dans la durée le soutien aux projets spécifiques des écoles » C’est déjà fait. Il faut maintenant consolider et surtout soutenir les équipes. N’oublions pas l’opposition virulente de la droite qui s’était exprimée par la voix de Bernard Betto quand le projet Classe à Horaires Aménagés Musique Jouhaux avait été présenté en CM, projet qui bien sûr nécessitait la fermeture de l’école Berlioz ce qui avait déclenché leur opposition. Tout le monde s’accorde à reconnaître que c’est une réussite, qu’il ne faut cesser de la soutenir. Et pas seulement la Ville. L’EN doit s’engager à pérenniser les décharges complètes des directeurs (trices) par exemple, pour qu’ils puissent jouer leur rôle et mener ces projets dans de bonnes conditions. Cet engagement concret de l’EN est aussi encore attendu.

La seule véritable nouveauté dans cette convention c’est l’alinéa 2-5. que l’adjoint dit avoir retiré du PEG, mais ne l’a apparemment pas fait avec la convention de l’éducation nationale : "Expérimenter une structure passerelle sur une Zone Urbaine Sensible et d’Éducation Prioritaire » Là encore, il serait intéressant d’avoir un calendrier, et les montants que la Ville entend dégager pour les recrutements d’une ATSEM et d’une éducatrice jeunes enfants et l’engagement de l’EN à créer le poste d’enseignant nécessaire, mais peut-être est-elle plus préoccupée à trouver les postes à supprimer que ceux à créer…

Article 3 – Promouvoir la Santé « …il apparaît judicieux de formaliser les relations institutionnelles en termes de pilotage, de suivi et de partage d’objectifs. » On ne peut dire cela sans préciser ce qu’il convient de mettre en place surtout après avoir relevé que « les relations quotidiennes entre les professionnels du service municipal Santé scolaire et ceux de l’Éducation nationale sont globalement satisfaisantes ». Où est donc le problème ?

Article 5. « 

Les parents… sont associés sur le fonctionnement des conseils d’école…

 » Qu’est-ce que cette phrase veut dire ? Un conseil d’école est composé des parents élus, des enseignants, d’un élu (quand il est présent) représentant la Ville et est présidé par le directeur(trice). Alors que nous propose t’on de neuf ici ?

Article 7. Le dernier paragraphe demande une vigilance toute particulière. « L’EN met à disposition les indicateurs de réussite scolaire des écoles… » À l’heure où l’on parle de détection des délinquants en puissance dans les écoles maternelles, de « base élèves » et autres fichages du même genre, ce paragraphe mériterait quelques éclaircissements et des précisions sur le type d’informations échangées entre l’EN et la Ville, leur utilisation, leur centralisation ou non, et la durée de leur conservation. Nous avons lu avec plaisir que M. Detroyat a rédigé une tribune dans le dernier journal municipal sur ce sujet, nous le croyons sensible à la défense des libertés publiques.

Concernant le Projet Éducatif Grenoblois proprement dit.

Améliorer le temps de restauration scolaire : « …consciente de cette évolution sociologique… souhaite aussi agir pour les enfants de familles plus défavorisées ». Rien de neuf encore une fois. Il faut rappeler que la Ville depuis longtemps a fait le choix de tarifs basés sur les quotients familiaux et a décidé il y a deux ans de baisser le prix plancher des repas à 0,70 €.

Concernant l’extension des selfs que nos élus ont mis en place, quand sera t-il demain ? Rien si l’on s’en tient à la réponse faite par J Thiar au dernier conseil municipal « existe-t-il un plan ? » réponse sèche « non ». Je rappelle qu’un plan de réhabilitation des restaurants scolaires comme des écoles avait été établi dans le dernier mandat. Sans plan comment dire que l’on se préoccupe du confort des enfants ?

« Favoriser l’ouverture à la culture et au monde »

A. La culture à Grenoble, engagée pour l‘éducation

On parle sur ce point d’un Conservatoire à Rayonnement Régional. Voilà une belle question. Où en est-on du projet de requalification, alors que la ville joue avec les nerfs du personnel, des parents et des élèves. La travail avait été fait en amont, en ayant trouvé pour le temps des travaux, un hébergement d’une partie du Conservatoire dans une partie des locaux de l’école Clémenceau. Où en est-on aujourd’hui ?

Page 27 .Engagement 17 : « … Développer la sensibilisation et l’éducation aux modes de déplacements doux en relançant les pédibus et/ou les vélobus » Voilà bien un engagement qu’il serait présomptueux de tenir. La travail a été fait au cours de ces dernières années particulièrement sur Pédibus avec notamment l’ADTC. Cela marche quelques mois, mais puisque tout repose sur des parents volontaires, quand ces mêmes parents sont partis, il faut tout recommencer. Donc on peut toujours continuer à sensibiliser comme il est dit ici, mais peut-être faudrait-il changer de méthode et en tout cas y réfléchir.

Mobiliser une dynamique d’acteurs

La place des familles : « développement du soutien à la parentalité » Depuis quelques années dans la belle logique libérale de la responsabilité individuelle chacun y va de son soutien à la parentalité, comme si cette question avait surgi ex nihilo, indépendamment du contexte économique et social. Quelle meilleure façon de culpabiliser les gens ? Au fait, de quoi se mêle la Ville et d’où tient-elle cette légitimité qui ferait d’elle un parent exemplaire « …en valorisant leur savoir faire pour les accompagner sur le chemin du développement éducatif » Elle ferait bien, la Ville, de faire au mieux ce qu‘elle sait déjà faire, c’est à dire tout mettre en œuvre pour que chaque Grenoblois , enfant, adulte, aîné ait les meilleures conditions de vie dans sa ville. Pour le reste, le soutien à la parentalité, si tant est que cela soit pertinent, peut être laissé aux associations, institutions spécialisées et travailleurs sociaux. Par ailleurs, la Protection de l’Enfance relève depuis la loi de Mars 2007 et encore plus qu’avant, des Conseils Généraux. D’ailleurs cette convention ne dit rien des prérogatives que le législateur à donné aux maires dans le cadre de la loi sur la prévention de la délinquance : signalement de certaines familles au Procureur de la République en vue du contrôle voire de la suppression des allocations familiales etc…Cette convention ne dit rien non plus du dispositif de réussite éducative et comment tout cela s’articule avec le Projet Éducatif Grenoblois, s’il y compatibilité ou pas. Tout cela mériterait d’être écrit noir sur blanc.

Au sujet de la délibération C028 elle-même

Tableau synthétique des engagements :

- 2. Lancer une base de données « animateurs occasionnels » partagée… N’est-il pas antinomique de parler d ‘ « occasionnels » quand on veut fidéliser les personnels et pérenniser des emplois ?

- 12 Mettre en place des parcours d’éducation artistique

Cette question est centrale. Si on veut avancer en ce domaine, il ne s’agit pas seulement de l’accessibilité à l’art qui existe déjà et qui est très bien fait par le musée ou à l’histoire naturelle faite par le muséum. Il s’agit de passer à la vitesse supérieure, à savoir la pratique artistique pour tous. Reste que cela doit évidemment se faire avec l’EN dans le cadre des programmes, mais avec 24h/semaine et les orientations nationales cela va devenir de plus en plus compliqué. Toujours est-il qu’il serait bien de savoir ce qu’est prête à faire l’EN à Grenoble. Le contenu actuel de la convention en la matière n’apporte rien de concret, c’est une fois de plus un vœu pieux.

Voilà tous les commentaires que nous voulions apporter à cet édifice que pour notre part nous étions prêt à construire ensemble pour peu que l’on nous sollicite assez en amont et non pas au dernier moment pour ce conseil quand tout le projet est bouclé. De même la Charte de la Démocratie Locale à peine votée n’a pas été appliquée, puisque ce projet va seulement être soumis aux CCS une fois adopté.

Délibération adoptée. Votes :

- 50 Pour (Verts, Ades, Alternatifs / PS / Modem / PC / Go)

- 9 Contre (UMP)


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