CM du 23/03/09 - Délibération 3 –D 001 DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE

Financement du programme recherche et développement NANO 2012

Intervention d’Olivier Bertrand

Cette nouvelle convention, qui fait suite à l’Alliance Crolles 2, aurait dû passer devant nous dès l’automne. Mais au Conseil général et au Conseil régional, les écologistes ont pu engager un travail de fond en commission et mettre en avant des lacunes assez importantes pour amener notamment le Président du Conseil général à reporter le vote de la convention.

Ce travail que nous avons mené a permis d’éviter de signer les yeux fermés une convention qui ne précisait pas la participation de l’Etat et qui ne donnait aucun droit de regard aux représentants du personnel. Bien nous en a pris quand on voit la situation actuelle.

C’est pour dire qu’il est parfois plus utile d’engager un travail, avec tous les groupes politiques, plutôt que de tenir des propos dithyrambiques pour essayer de faire oublier à quel point l’engagement que nous prenons est fragile.

Il est d’ailleurs amusant de comparer les délibérations qui accompagnent la convention dans les échelons locaux signataires : au Conseil général et au Conseil régional ces délibérations montrent clairement les risques et le changement radical amené par la crise et l’évolution des règles d’attribution de la taxe professionnelle. Chez nous, à Grenoble, « tout va bien Madame la Marquise ! ». C’en est même parfois risible tant il y a un décalage entre la réalité et ce que l’on nous présente.

Notons quand même que notre insistance à refuser de signer les yeux fermés et le report de signature nous permet aujourd’hui d’engager la Ville et la Metro pour seulement 1,5 millions d’euros et non 8 millions, et donc de tenir compte de la chute des retours de taxe professionnelle.

Mais l’essentiel n’est aujourd’hui pas là. Vous savez que, comme la plupart des autres entreprises, ST Microélectronique met actuellement de nombreux salariés en chômage partiel. L’activité de production du site de Crolles a chuté de moitié et rien n’indique qu’il est possible qu’elle redémarre rapidement. Ce site n’est en effet pas aussi rentable que les sites de production asiatique. Nous vous avons déjà alertés à plusieurs reprises sur ce point mais vous persistez à faire croire que ST pourra continuer dans une logique Fab light, c’est à dire avec une production adossée à la Recherche & Développement. Pourtant, il suffit d’ouvrir les yeux et de lire la presse spécialisée pour comprendre que cette option est de plus en plus remise en cause.

Mais ce qui est le plus grave, c’est que contrairement à ce que vous avez dit à plusieurs reprises Madame Fioraso, ce n’est pas que l’activité de production qui est touchée par des mesures de chômage partiel, c’est aussi la Recherche & Dveloppement que nous finançons.

Je cite une partie de la lettre que les syndicats de ST viennent d’envoyer au préfet de l’Isère : « Le cas de la Recherche &Développement technologique de Crolles est aberrant. L’Etat et les collectivités locales iséroises viennent de s’engager à subventionner le développement de Crolles « 300 mm » … et ST met en chômage cette activité ! Il faut laisser travailler notre Recherche & Développement. »

Les syndicats, conscients que l’activité est en baisse et que les temps à venir seront durs, demandent des mesures de formation pour les salariés, dans la même lettre.

Nous avons, là, l’exemple type de ce que nous critiquons depuis le début de ce programme industriel. Nous n’avons cessé de répéter que le rôle des collectivités locales n’était pas de subventionner directement des grandes sociétés cotées en bourse mais d’accompagner le développement économique en créant « un environnement favorable ». C’est d’ailleurs ce qui a été repris par plusieurs rapports sur les aides économiques.

Aujourd’hui, il est peu probable que ST puisse honorer la convention en terme de création d’emplois puisque même l’activité R & D a recourt au chômage partiel. Il est donc urgent de revoir notre aide en tenant compte de la crise et en aidant directement les premières victimes : les salariés.

Nous sommes en train de changer de monde. Il est complètement illusoire de penser que Crolles emploiera demain autant de monde qu’aujourd’hui puisque, indépendamment de la crise économique, la filière semi-conducteur a atteint un seuil qu’elle ne pourra pas dépasser dans les années à venir, faute de nouvelles technologies porteuses comme l’ont été l’informatique et le téléphone portable.

Il faut donc que les collectivités se concertent pour mettre un plan de formation en place pour permettre une reconversion d’une partie du personnel. Le personnel des salles blanches de Crolles est souvent jeune et a des acquis importants. C’est typiquement le genre de salariés qui peut envisager positivement une reconversion professionnelle. Malgré la crise, les secteurs porteurs ne manquent pas dans notre région, autour des nouvelles énergies, autour des filières locales.

Il est temps de regarder la réalité en face. Il faut arrêter les politiques ultra libérales consistant à financer toujours plus les grands groupes qui utilisent le chômage partiel et les délocalisations. Il faut stopper le pilotage de la recherche publique, celle du CEA en l’occurrence, par les entreprises privées qui déposent des brevets privés qu’elles développent en Asie.

Nous avons travaillé le dossier au fond. Nous pensons réellement que les collectivités doivent changer de rôle. Nous sommes prêts aujourd’hui, avec nos collègues à la Région et ailleurs, à nous investir pour trouver les meilleures solutions possibles pour les personnels de ST.

[Après plusieurs autres interventions, explication de vote]

Nous allons voter contre cette délibération, non pas parce qu’il s’agit d’un projet en nanotechnologies, je le redis notamment pour répondre à Mme Blanc-Tailleur. Il s’agit d’un projet concernant les semi-conducteurs, c’est la taille de gravure qui se calcule en nanomètres. Ce n’est pas un projet qui met en cause toutes les questions éthiques concernant les nanotechnologies.

Nous allons voté contre, essentiellement parce qu’il n’y a strictement aucune raison, qu’à la différence des autres mairies de l’agglomération, que la Ville de Grenoble participe à cette convention. La Ville n’a pas plus, pas moins, de retombées que les autres villes de l’agglomération. Pourquoi seule Grenoble et la Métro participent ?

Délibération adoptée. Votes :

- 6 contre (Verts, Ades, Alternatifs)

- 53 pour (PS / UMP / Modem / PC / Go)


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