CM du 28 avril 2008 - Délibération 2-B 011 POLITIQUE DE LA VILLE

Projet de renouvellement urbain « Villeneuve - Village Olympique »

Intervention d’Hakim Sabri au nom du groupe Écologie et Solidarité Verts-ADES-Alternatifs

Cette délibération est très importante puisqu’il s’agit d’autoriser le maire à signer la convention ANRU concernant le projet de renouvellement urbain de la Villeneuve et du Village Olympique.

Mais bien que nous soyons plus que favorables à ce projet, nous relevons trois manques essentiels :

Le premier porte sur le principe des démolitions de logements et le financement global du projet.

Comme vous le savez, l’ANRU n’accorde des financements qu’à la condition de procéder à des démolitions : pas moins de 85 logements sont promis à la démolition (13 au 10/20 Galerie de l’arlequin, 65 au 50 de cette même galerie, et pour finir 7 au 110).

La question que nous posons est, compte tenu de la complexité de l’opération : Ces démolitions résoudront-elles tous les problèmes liés à cet ensemble ?

Si démolitions il doit y avoir, il faudrait déjà commencer par diminuer la taille des coursives qui sont fréquemment vécues comme source d’insécurité en raison de leur longueur.

Pour mémoire le nombre d’ascenseurs devait être deux fois plus important, mais faute de crédits, le choix a été fait d’en réduire le nombre, d’où la longueur de ces coursives si décriées.

Ne faudrait-il pas commencer par cela, et voir par la suite si les démolitions programmées s’avèrent judicieuses ?

Le seul fait de vouloir donner une perspective et un accès sur le Parc avec les démolitions au 50 Galerie de l’Arlequin nous parait un peu court comme argument.

Quant au financement de cette opération avec un montant de 18 127 410 € versé par les bailleurs sociaux qui interviennent à la même hauteur que l’Agence Nationale de Renouvellement Urbain (ANRU), soit environ 24%, dire que les locataires du parc HLM auront à supporter le quart du financement de ce renouvellement urbain ne nous ferait pas mentir.

Pour finir pas un mot sur les locaux communs résidentiels au 50 Galerie de l’Arlequin qui seront démolis et qui servent actuellement de lieu de culte (un choix qui a été là aussi pris rapidement il y a environ une dizaine d’années) mais maintenant ce lieu est installé et très fréquenté : quelle sera donc l’alternative proposée ?

Le second manque concerne le mode de prise de décision, sans véritable participation avec les habitants.

Le manque élémentaire de démocratie dans la prise de décision de ce projet est flagrant. En effet les habitants n’ont pas eu connaissance de ce document. Aucun avis des personnes concernées n’est joint à cette délibération.

A quoi servent donc les conseils consultatifs de secteur ou les unions de quartiers ?

Nous savons que l’absence de participation des habitants à l’élaboration de projets qui conditionnent aussi directement leur vie quotidienne, voire la mutation de leur quartier, rendra toute cette opération contestable et critiquable.

Demander un avis ne suffit pas, il est indispensable de réaliser de la co-production entre les habitants et les institutions.

Enfin le troisième manque porte sur l’accompagnement social et ses financements.

Nous voulons rappeler que les problèmes rencontrés dans les quartiers ne tiennent pas tant à la qualité architecturale et au confort des logements (ces logements sont d’ailleurs connus pour être de beaux appartements et de qualité).

Ce sont surtout les difficultés sociales et économiques que rencontrent les habitants ainsi que l’inadaptation du système de gestion.

Dire : nous investissons déjà beaucoup dans ces quartiers , ne résout rien est n’est visiblement pas suffisant. Il nous apparaît donc impératif d’indiquer quels sont les projets d’accompagnement social nécessaires.

Pour notre part, nous considérons qu’une opération de cette ampleur ne changera radicalement la situation qui si de véritables contrats de développement sont proposés dans ce projet ANRU.

Ils porteraient sur :
- La réhabilitation de certains logements (prévue par le projet), la réduction de la taille des coursives et l’amélioration des dessertes ascenseurs

- L’interdiction de circulation de véhicules motorisés sous la galerie ou dans le parc, la réfection ou la transformation de la collecte des déchets, tout en poursuivant l’effort déjà conséquent de l’entretien des espaces publics

- Le développement économique, notamment les services à la personne, en s’intéressant particulièrement aux questions de genre et à la place des femmes dans ce quartier tout en améliorant les structures éducatives

- Le renforcement de la présence du service public pour assurer la sécurité des habitants, des équipements et des commerces permettant une vie collective apaisée. Pour cela il est indispensable de renforcer considérablement l’accompagnement des jeunes par des mesures de prévention renforcées.

Pour information, s’il faut saluer l’effort de la ville pour pallier au désengagement de l’Etat concernant la Police de proximité, il n’y a plus le soir, après le départ de la Police Municipale, aucune force de sécurité dans ces quartiers.

De même alors que ce quartier regroupe 4 200 logements et plus de 13 000 habitants, seulement 2 éducateurs de rue y sont affectés.

Il apparaît indispensable de considérer qu’un projet de renouvellement urbain ne peut exister qu’avec un travail commun permanent entre les 3 composantes du développement soutenable :

- Une prise en compte permanente de l’avis des habitants

- L’amélioration des lieux existants

- Le souci constant des institutions privées et publiques d’améliorer leur action sous tous les aspects : habitat, urbanisme mais surtout social.

Pour conclure nous regrettons que cette convention négociée fin 2007 ne nous donne pas la possibilité d’introduire des amendements. Pour cette raison, notre groupe s’abstiendra sur le vote de cette délibération.

Délibération adoptée. Votes :

Abstention : 15 (Verts, ADES, Alternatifs / UMP)

Pour : 44 (PS / MoDem / GO / PC)




Groupe Écologie & Solidarité
EluEs Verts, ADES, Alternatifs de la Ville de Grenoble

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