Conseil Municipal du 25 mars 2013 Délibération n° 12-C 020 EDUCATION

Refondation de l’école : projet de modification des rythmes scolaires.

par Hakim Sabri

En 2008, M. Darcos alors ministre de l’éducation nationale décidait, contre l’avis de l’immense majorité des spécialistes de la chronobiologie et de l’enseignement auprès des enfants, de supprimer une demi-journée de classe pour les écoles primaires. Cette réforme revient sur cette mauvaise décision, et nous y sommes donc entièrement favorable.

Monsieur le Maire, vous nous demandez par cette délibération :
- de décider d’engager, à la rentrée scolaire de septembre 2013, une nouvelle organisation des rythmes scolaires en application du décret n° 2013-77 du 24 janvier 2013,
- de prendre acte de la démarche de consultation engagée au début de l’année qui permettra à Monsieur le Maire de donner un avis sur le scénario à retenir,
- de valider les premières propositions de contenu des temps périscolaires,
- d’organiser, après l’adoption du règlement départemental, la poursuite de la consultation au plus près des écoles ou bassins d’écoles.

Vous nous demandez d’approuver aujourd’hui 25 mars une déclaration de principe dont nous savons trop peu sur sa mise en application. Vous nous demandez de vous donner un blanc-seing pour décider librement et sans rendre de compte sur la base du scénario qui ne sera retenu et rendu public par la Directrice Académique des Services de l’Education Nationale que le 2 Avril.

Votre question, la façon dont vous la posez, votre choix de calendrier et de prise en compte ou non du contexte national sont ainsi déjà matière à discussion.

Au-delà de cette vision globale, vos affirmations elles-mêmes sont sujettes à nuances.

Ainsi de la démarche de consultation. La décision de mettre en place cette réforme dés la rentrée 2013 est de votre seul fait, et intervenue avant toute discussion. Cette hâte a naturellement débouché, dés que les problèmes et les difficultés sont apparus, sur des réponses incomplètes ou à tout le moins insatisfaisantes. Ainsi, la présentation que vient d’en faire votre adjoint à l’éducation a multiplié les formules telles que « on voudrait… », « si c’est possible… », « avec comme objectif… ».

Vous choisissez de justifier votre calendrier par la prochaine élection municipale de mars 2014, évitant ainsi, selon vous, d’en faire un enjeu « politicien », pour reprendre le mot du président du groupe PS. Nous ne vous ferons pas l’injure de vous demander de justifier en quoi cet argument est valable pour Grenoble et ne l’est pas pour toutes les villes qui se donneront le temps d’une meilleure préparation d’ici la rentrée de 2014. Mais nous aurions aimé une justification plus solide, et surtout, justement, moins politicienne.

D’autre part, votre adjoint à l’éducation, a participé à de nombreux groupes de travail dés le début de l’été dernier au sein du ministère de l’Education Nationale. Par son intermédiaire, vous étiez particulièrement au fait des détails des projets du ministre, après que ce dernier en ait publiquement annoncé les grandes lignes. Nous ne comprenons alors pas pourquoi ce travail indispensable de concertation a dû attendre tout le dernier trimestre 2012 pour commencer. La parution du décret, dont l’essentiel du texte était connu et dont l’aboutissement ne faisait aucun doute ne nous paraît pas être une raison suffisante pour justifier cet attentisme.

Au contraire, une concertation menée sur toute l’année scolaire actuelle, suivie de l’élaboration d’un scénario et d’un vote en septembre prochain pour une préparation de mise en place sereine sur le premier semestre 2014, nous aurait parue comme le meilleur moyen de construire une réponse de qualité, réfléchie, dégagée du calendrier électoral.

Car M. le Maire, la réponse que vous faites à l’enjeu de la mise en place de cette réforme nous laisse sur notre faim.
Force nous est de constater que les éléments concrets, objectifs, évaluables, brillent par leur pauvreté au sein de ce document. Ainsi, vous vous engagez à « mettre en œuvre les moyens pour cette réforme ». Une belle déclaration d’intention, mais qui ne nous dit rien sur la hauteur de ces moyens. Vous conviendrez avec nous que nous sommes en droit de nous poser cette question, alors qu’aucune ligne n’est inscrite au budget 2013 pour cette mise en place.

Cette réforme doit être l’opportunité de remettre à plat les dysfonctionnements et déséquilibres observés dans nos écoles, à la lumière des nouveaux objectifs et des nouvelles contraintes qu’elle pose. La délibération que nous nous serions attendus à examiner devrait se saisir de cette opportunité. Mais ce soir, les éléments sur lesquels nous avons à nous prononcer ne sont pas suffisamment étayés pour que nous puissions nous prononcer en connaissance de cause. C’est la raison pour laquelle nous choisirons de ne pas prendre part au vote de cette délibération.

Le retour à la semaine de 4 jours et demi constitue un progrès. Cette question des rythmes scolaires n’est qu’un élément d’une refondation beaucoup plus vaste qui concerne l’ensemble des acteurs de l’enseignement et de l’éducation. C’est bien parce que nous l’estimons nécessaire que nous voulons être extrêmement attentifs aux modalité de sa mise en œuvre pour sa pleine réussite.
C’est pourquoi nous appelons de nos vœux une délibération « cadre » sur cette question, concrète et détaillée, qui nous permettra de nous positionner sur des bases solides.

Vote du groupe sur cette délibération : Ne Prend pas Part au Vote




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