Conseil Municipal du 28 janvier 2013 Délibération 21-B 016 POLITIQUE DE LA VILLE

Demande d’ouverture des enquêtes d’Utilité Publique relatives au prolongement de la rue Maurice Dodero vers la rue Alfred de Musset.

par Gilles Kuntz

Nous avons déjà pris une délibération sur cette opération au dernier conseil, je ne rappellerai donc pas l’inutilité de cette rue et la gêne que cela va engendrer pour les riverains.
Je voudrais simplement vous dire deux choses.
D’abord, dans mon intervention, je vous avais dit que vous n’auriez pas l’accord de la copropriété concernée et que votre seule solution serait de passer en force, ce que vous faîtes avec cette Déclaration d’Utilité Publique. L’avantage de la DUP est que c’est une procédure publique, avec une enquête publique, et j’espère que les habitants sauront se faire entendre à cette occasion auprès du commissaire enquêteur.

Je voudrais simplement, sans faire de misérabilisme, mais quand même dire ce que cela coûte aux habitants ce genre de démolition. Vous avez reçu, M. le Maire, au début de l’année dernière, une lettre d’un citoyen concerné. Je vais vous en lire quelques lignes parce que c’est éclairant de la façon dont les habitants peuvent être traités, et choqués par ce type d’opération.
C’était donc le 8 janvier 2012. « Ce 7 janvier, je rentre à mon domicile que j’habite depuis 25 ans au 130 galerie de l’Arlequin. Dans le couloir, je rencontre des voisins qui sont là depuis 10 ans. La femme de mon voisin, qui est la concierge et technicienne de nettoyage de notre coursive, sort sur le pas de sa porte et me lance en plein visage  »au fait, tu sais que tu vas partir quand ils vont démolir les appartements au bout de la coursive, le tien et les 6 autour ? Ils vont faire une route d’ici 2020.«  Cela m’a fait l’effet d’une roquette en pleine poitrine, je n’en ai pas dormi de la nuit, et ce matin, j’en ai encore la poitrine toute bloquée, le souffle court, trop de stress. Cela fait 25 ans que j’habite là, j’ai 63 ans, c’est là que j’ai refait ma vie, mes amis. Je suis seul et ma famille, ce sont mes voisins. Après 25 ou 30 ans de loyer, on devrait être, sinon propriétaire, au moins des locataires considérés. Ce qui génère ma colère, c’est d’en avoir été informé aussi sauvagement par ma concierge. Si elle le sait, c’est qu’en réunion, on lui en a parlé. Mais pourquoi la ville de Grenoble, avec son maire qui se vante autant de démocratie locale, qu’au moins n’a-t-on pas commencé par en parler avec les familles concernées. N’était-ce pas cela la plus légitime et élémentaire marque de respect ? On ne peut détruire ainsi des vies, on n’a pas le droit de procéder aussi légèrement avec la vie des hommes. »

Je crois que le plaidoyer de cette personne est vraiment sincère, et montre finalement la façon dont les procédures sont menées dans cette ville. Je ne peux que le regretter.

Je voudrais rajouter une dernier point : il a été fait état dans la dernière délibération dont c’était l’objet, d’une compensation à 5€ de la grande copropriété qui comprend le 130. Les calculs qui ont été faits par les syndics montrent que si c’est bien 5€ pour l’ensemble des copropriétaires, pour les charges particulières du 130, la facture va monter à 73€ par an. Donc on est loin du compte en les aidant à 5€.

Vote du groupe sur cette délibération :
CONTRE




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