Tribune des Nouvelles de Grenoble novembre-décembre 2012

Une décision précipitée et scandaleuse

par Hakim Sabri

Le Conseil National de la Résistance avait préconisé des 1944 le retour à la Nation des richesses du sous-sol. Les sources d’énergie (électricité, gaz, charbonnages) ont été nationalisées. Ce fut le cas de Gaz et Electricité de Grenoble (GEG), re-municipalisé à la Libération. 40 ans après, une droite corrompue décidait de façon illégale la privatisation et créait une société avec la Lyonnaise des Eaux – Suez. Les élus socialistes avaient déposé un recours contre cette privatisation.
On aurait pu espérer qu’ils allaient changer les choses une fois au pouvoir, surtout dans cette Ville Compagnon de la Libération.

Mi 2009, un arrêt du Conseil d’Etat imposait que soit modifié le contrat entre la Ville et GEG afin de ne plus répercuter le coût de l’éclairage public dans les factures d’électricité des Grenoblois. Cet arrêt n’impliquait pas de remettre en cause le contrat actuel qui se termine en avril 2016.

Pourtant, alors que rien ne presse, le Conseil Municipal du lundi 22 octobre a accordé une nouvelle concession de 30 ans à la GEG pour la distribution et l’exploitation du Gaz et de l’Electricité.
Pourquoi une telle précipitation ? Pourquoi ne pas vouloir un débat public sur une décision de cette importance, ce qui est contraire à la charte de la démocratie locale ? Pourquoi ne pas réaliser d’étude sérieuse sur d’autres modes de gestion ? Pour notre part, nous souhaiterions que soit évaluée l’opportunité d’une régie municipale. Une régie serait plus performante pour les usagers, par des tarifs inférieurs ou par un meilleur service rendu. Les arguments opposés à cette alternative sont toujours les mêmes. C’était déjà ceux des détracteurs du retour en régie du service de l’eau. Nous constatons tous les jours en quoi ils étaient infondés…

Mais ce n’est pas tout. La majorité municipale prépare pour les prochains mois une prolongation jusqu’en 2035 de la concession du chauffage urbain avec la Compagnie de Chauffage. Là, le motif invoqué est un investissement dans une nouvelle chaufferie sur la Presqu’île. Alors que le contrat avec la Compagnie de chauffage se termine fin 2017. Alors que de nombreux usagers ne supportent plus les tarifs du chauffage urbain qui sont depuis 2008 20 % plus chers que la moyenne des services analogues en France ! Là aussi un retour en régie pourrait apporter des solutions bien plus justes qu’une gestion dominée par le privé.

Pourquoi la majorité municipale veut-elle tout régler dans la précipitation ? Aurait-elle si peur que ces questions importantes soient débattues lors des prochaines élections municipales ? Craindrait-elle l’avis des électeurs ? Les services publics doivent être au service du public et leur gestion devrait associer au plus près les usagers comme cela se fait à la Régie des Eaux. Il est scandaleux de vouloir maintenir à tout prix de puissants intérêts privés dans les structures de gestion de ces services publics essentiels qui doivent rester un bien commun comme l’eau et la santé.




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