Question orale au maire

Actions prévues pour le maintien de la transversalité de l’action sociale

par Maryvonne Boileau

La situation économique et sociale de nombre de nos concitoyens est fragilisée par une crise de l’emploi, à laquelle s’ajoutent des augmentations constantes du coût de la vie. Le récent rapport de l’INSEE indique une augmentation significative du nombre de personnes en situation de grande pauvreté.

Fort heureusement, notre pays a su se doter depuis longtemps de dispositifs qui atténuent un peu les difficultés. A Grenoble, depuis bientôt 50 ans, les services sociaux chargés de l’accès aux droits ont toujours été présents, au plus près de toutes les populations sur l’ensemble de la ville.

Au moment où une action coordonnée et complémentaire de toutes les institutions est plus que jamais nécessaire, le Conseil Général de l’Isère prend la décision unilatérale de retirer des maisons des habitants les services sociaux sous sa responsabilité. Ces maisons des habitant, en cours de constitution, sont pourtant un exemple d’une action coordonnée et complémentaire. L’un des arguments avancé est d’indiquer que désormais l’ensemble des services du Conseil Général seraient ainsi regroupés : service social, service de protection maternelle et infantile et protection de l’enfance. Pour autant, cette décision incompréhensible va totalement à l’encontre des politiques proposées par les conseillers généraux durant les dernières campagnes électorales.

Les agents du Conseil Général sont des professionnel-les du social, du médical, du paramédical et travaillent pour partie en bonne harmonie avec les services municipaux et les équipes associatives d’animation socio-culturelle. Ajouter la compétence de la protection de l’enfance aurait été un formidable atout pour les équipes déjà constituées. En effet, les professionnel-les de la protection de l’enfance sont des assistants sociaux mais aussi des éducateurs et des psychologues, ce qui fait grandement défaut sur tous ces quartiers.

Alors que partout en Europe ou dans les pays anglo-saxons, il y a une volonté de travailler à ce que l’on appelle l’approche intégrée des services publics et associatifs, à Grenoble nous faisons exactement l’inverse. Nous reprenons un modèle absurde d’action sous forme de tuyaux d’orgue, là où il faudrait une transversalité absolue et aller bien au-delà du seul service social et médico-social pour tout ce qui est service public. Les populations sont déjà en perte de repères dans leur vie, les balader d’un bureau à un autre ne va pas du tout arranger leur situation, mais contribuer à les faire se disperser davantage.

Nous n’ignorons pas les difficultés rencontrées par les travailleurs sociaux qui sont parfois agressés, menacés, par des personnes désespérées ou atteintes de pathologies mentales malheureusement non prises en charge. Ces professionnel-les ont aussi un droit inaliénable à travailler en toute sécurité, mais là comme dans les collèges et lycées, il y faut des professionnel-les expérimenté-es. Quant à l’argument, « on n’en trouve pas qui veulent travailler dans ces quartiers », on peut se demander si tout est mis en œuvre pour rendre ces postes attractifs ? De plus, qui peut croire que cette décision du repli sur soi d’une institution va changer les choses et faciliter la résolution des problèmes et surtout, faire disparaître les menaces dont sont victimes les travailleurs sociaux ?

Il nous faut être vigilant pour que des services sociaux de moins en moins de proximité et difficilement repérables ne soient pas progressivement remplacés par des œuvres charitables qui ne sont souvent ni neutres ni porteuses des valeurs républicaines seules garantes de la démocratie.

L’accompagnement social peut être complété par des actions caritatives, mais seuls des professionnels compétents, dotés de solides formations et d’expériences, sont en capacité d’apporter les aides susceptibles de faire évoluer favorablement des situations complexes, en prenant en compte l’ensemble des problèmes.

Monsieur le Maire, vous aviez signé un courrier avec plusieurs autres maires de l’agglomération pour que cette organisation déjà proposée il y a 2 ans ne soit pas mise en œuvre. Aujourd’hui, que comptez vous faire pour faire évoluer cette décision et faire revenir le Conseil général sur sa décision afin d’apporter une réponse adaptée à la mesure des graves problèmes posés ?




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