Conseil Municipal du 25 juin 2012 Délibération n° 40-B 015 POLITIQUE DE LA VILLE

Renouvellement urbain de la Villeneuve - restructuration des espaces publics des secteurs Arlequin nord - crique centrale

par Gilles Kuntz

Nous sommes déjà longuement intervenu sur le renouvellement urbain de la Villeneuve dans les derniers conseils et en particulier dans celui de juin 2011. Notre position est donc connue. Mais celle de la majorité l’est-elle ?
Quand on lit la délibération de juin 2009 que nous avons votée et qui a proposé le choix du groupement INTERLAND on est en droit de douter d’une unité de l’exécutif sur cette opération.
« Embrassant les différentes dimensions du projet (architecture, urbanisme, patrimoine, économie, etc.), la méthode d’intervention proposée par ce groupement, apparaît comme la plus globale, la plus ambitieuse mais également la plus cohérente des trois analysées. Elle repose sur les fondements suivants :
Globalement :
- composer avec l’existant – une architecture de qualité, porteuse d’une grande potentialité malgré ses dysfonctionnements – pour le transformer radicalement ;
- partir du logement vers l’urbain, de l’intérieur vers l’extérieur, pour placer l’habitant au cœur de la transformation.
Sur le plan patrimonial :
- (…) revaloriser les logements par des interventions sur les éléments suivants : accessibilité (ascenseurs, halls, parties communes), remise à niveau des chambres par déclassement typologique, extension des surfaces (jardins d’hiver), valorisation des qualités existantes (lumière, vues...), performances énergétiques, confort général ;
Sur le plan de la concertation, de l’information :
- mettre les habitants au cœur du projet, en « entrant par les usages » ;
- engager rapidement les premières interventions, pour dynamiser et crédibiliser le projet (bâtiment / secteur « tests », appartement témoin réhabilité, exposition « hors les murs ») ;
- mobiliser différents outils adaptés : interviews, parcours commentés, maquettes, etc. ;
- accompagner les habitants en phase de chantier.(...) »

Je vous engage à relire cette délibération : vous n’y trouverez pas un seul mot concernant une quelconque démolition. Et pour cause, l’équipe d’INTERLAND comprenant en particulier les architectes Anne Lacaton et Jean-Pierre Vassal est connue mondialement pour sa volonté de préserver l’existant en le requalifiant, jamais en le détruisant. Vous ne pouviez ignorer ce principe qu’ils n’ont nullement caché dans leur réponse à l’appel d’offres.
Qu’est-ce qui donc a changé entre juillet 2009 et juin 2011 quand vous proposez un protocole transactionnel pour mettre fin au contrat avec INTERLAND ?
Une seule explication est la volonté de l’ANRU d’imposer des démolitions condition sine qua none pour apporter son concours à toute opération de rénovation urbaine. Cette exigence était celle d’un gouvernement de droite pour lequel il fallait faire table rase avant de rebâtir dans les quartiers.

Depuis le 6 mai confirmé par le 17 juin, cette agence nationale n’est plus soumise aux mêmes directives. Déjà des habitants regroupés au sein du collectif « Vivre à Villeneuve » ont écrit à la ministre de l’égalité des territoires et du logement. Les premiers retours semblent positifs.
Nous demandons donc de ne rien entreprendre d’irréversible au 50 comme au 130 tant que juridiquement des décisions ne sont pas prises et que le ministère ne confirmera pas ses instructions à l’ANRU 2.0.

Et comme vous nous refusez toujours l’accès au rapport qu’INTERLAND a remis à la Ville, je terminerai en citant la lettre que son directeur nous a adressée en date du 4 juin dernier :
« Je souscris à l’idée que vous défendez qu’une rénovation urbaine réussie s’appuie sur l’histoire, les usages, les pratiques des habitants et sur les potentialités non explorés d’évolution de la structure même du bâti.
Les réflexions que nous avons conduites et les principes que nous avons défendus indiquaient très clairement que le projet de l’Arlequin devait s’appuyer en premier lieu sur une valorisation du patrimoine existant. Les possibilités d’amélioration qualitative et fonctionnelle des bâtiments et des logements sont nombreuses, simples et respectueuses de la qualité offerte par ce patrimoine d’exception. (…)
Nous avions également rappelé que les logements de l’Arlequin constituaient une chance unique de répondre à la demande insatisfaite des ménages qui rencontrent des difficultés pour accéder au parc grenoblois et des premières pistes pour des programmes d’habitat coopératif en réhabilitation avaient été identifiées.
L’ensemble de ces possibilités de valorisation du patrimoine démontrait clairement que la démolition du bâti n’avait aucun sens. Cela n’a pas suffit à inverser la logique de démembrement de l’Arlequin souhaitée par la ville de Grenoble et nous a conduit à une rupture de contrat qui a nécessité près d’un an de procédure. »

La Villeneuve a besoin d’être requalifiée après 40 ans : personne n’en doute. Qui connait mieux ses qualités et ses défauts que ses habitants ?
Sachons, comme l’a proposé INTERLAND, les placer « au cœur de la transformation » à travers des ateliers populaires d’urbanisme comme le proposent aussi les habitants. Ce serait l’occasion de créer du « faire-ensemble » et de donner un nouvel élan citoyen pour la Villeneuve lors de ses 40 ans.

Vote du groupe : CONTRE




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