Conseil Municipal du 26 mars 2012

Regard critique d’une élue écologiste

par Maryvonne Boileau

Longue expression sur l’insertion par l’économique, avec beaucoup de flamboyance et de justifications sur les aides versées par la ville de Grenoble aux acteurs économiques. Nous rappellerons sans cesse que les aides à l’économie de marché ne relèvent pas des compétences de la ville et nous considérons que les 2 millions d’euros versés à l’économie classique seraient mieux utilisées pour l’aide à l’insertion.

Une délibération nous donne l’occasion d’observer que nous continuons à donner des aides à un pôle de compétitivité.
Nous votons une délibération concernant l’Ecole de la Paix, mais en observant avec tristesse que la ville a été totalement absente de la journée internationale contre le racisme.
Nous nous sommes longuement exprimés sur le projet Chatelet 1 et 2, dont le précédent projet aurait été amélioré et devient tout autre. Cependant nous observons une fois encore un manque manifeste de concertation sur un projet nettement modifié depuis le vote du CCS 5 et le travail avec les habitants. De plus, nous demandons que les groupes d’opposition de la ville soient informés préalablement aux décisions des éventuelles modifications décidées, et surtout invités aux réunions d’information organisées auprès des habitants.

Sur le « Cœur de ville, Cœur d’agglo », une fois encore, il y a un décalage entre les travaux prévus et ce que l’enquête publique donnait à voir aux habitants. Là aussi une évolution selon la seule volonté de la majorité municipale en dépit des règles élémentaires de démocratie.

La délibération très technique des tarifs de location de plantes en pots par le service des Espaces Verts nous a permis de demander ce qu’il en était des conditions de travail des personnels qui ont fait part de leurs problèmes à tous les groupes politique du conseil municipal. Selon l’adjointe chargée du personnel : « tout s’est arrangé après une réunion avec la CGT », à voir avec les personnels !

Nos regrettons les désengagements de l’Etat sur les CUCS et surtout, nous demandons aux parlementaires de bien vouloir faire réintégrer le quartier Alma Très Cloîtres dans les zones urbaines sensibles.
Sur la Villeneuve, justement, nous nous inquiétons de l’avenir du Centre Audio Visuel, et notamment si la mise à disposition d’un enseignant par l’Education Nationale va s’y poursuivre. Selon les élu-es de la majorité, il n’y a pas d’inquiétudes à avoir… tant que la personne en question ne prend pas sa retraite ! Enfin, nous regrettons que des moyens à hauteur des objectifs ne soient pas mis pour l’expérience Vill9lasérie.

Nous arrivons à Alpexpo : zone de tous les dangers !
Nous n’allons pas refaire tout l’historique de cette triste histoire, pour laquelle nous avions tiré les sonnettes d’alarme, malgré notre exclusion du conseil d’administration.
La droite tape sur les décisions prises et surtout les manques de décision qui ont entraîné une telle dérive financière, et une telle souffrance au travail des salarié-es qui ont amené un rapport accablant de l’Inspection du Travail et enfin une ouverture de procédure par le Procureur de la République. Nous tirions déjà la sonnette d’alarme pour notre part au conseil de septembre 2009
Tout le monde savait, mais la seule politique qui a prévalu aura été celle de l’autruche.
Comment se fait il que la droite qui a une représentante au CA n’a pas fait le travail de vigilance et d’interpellation qui aurait probablement évité que nous soyons maintenant dans le mur ! A moins que le CA d’Alpexpo ne soit fantoche, ce qui aurait dû alors être dénoncé de suite, il est facile de charger toute la responsabilité sur quelques individus.

Nous avertissons la majorité que cette délibération pourrait être entachée d’illégalité, car le Code Général des Collectivités Territoriales interdit toute avance si, du fait des pertes constatées dans les documents comptables, les capitaux propres de la société d’économie mixte sont devenus inférieurs à la moitié du capital social. Et nous y sommes… Le contre-argument de la majorité consiste à simplement relever que les comptes n’ont pas encore été arrêtés… mais quand même suffisamment pour justifier l’apport demandé !

Selon le président de la SEM, Alpexpo est plus vulnérable que des structures d’autres villes. Par ailleurs, l’expert comptable n’avait pas à prononcer de procédure d’alerte sur les comptes, car ces derniers ne sont pas arrêtés. Or les textes disent l’inverse.
Selon l’adjoint chargé du tourisme d’affaires, il y a un peu de vrai dans tous les exposés. Mais il regrette que la politique reprenne ses droits dans cette affaire. Selon lui « ce n’est pas quand quelqu’un se noie qu’on lui apprend à nager, on lui tend d’abord la perche ou la main », certes, mais 1 million d’euros la perche, c’est un peu cher !!!
L’adjoint chargé des finances indique « que nous ne pouvons pas exiger des autres collectivités qu’elles aident cette structure, sans donner l’exemple  », mais ne seraient ce pas les mêmes élu-es qui sont aux commandes des collectivités d’un côté ou l’autre du boulevard Jean Pain ?
Mise à part l’accord de mettre en place une commission d’information et d’évaluation, la majorité se remet peu en question sur cette histoire. _ Surtout, selon eux, il faut réfléchir à l’avenir.
Nous participerons à la mission d’information et d’évaluation, mais nous votons contre l’aide de 1 million d’euros dans l’état actuel de la situation.

La délibération mensuelle qui fait état des frais de déplacement des élu-es nous donne l’occasion de mettre en valeur une autre exemplarité : celle du Sénat qui a récemment décidé la participation de ses élu-es à leurs frais de déplacement. Pourquoi n’en serait-il pas de même dans notre ville , surtout quand on voit l’effectif pléthorique de la délégation qui va aller rencontrer la municipalité d’Oujda cette semaine, pour la mise en place d’une coopération. Quelle part du budget de cette coopération aura déjà été consommée pour cette visite protocolaire ? Cette proposition est fraichement accueillie par les élus de la majorité, mais le Maire s’engage à l’étudier, et rappelle à l’occasion que quand son épouse l’accompagne, c’est à ses frais. C’est bien, mais c’est bien le moins.
Nous pensons qu’il est urgent de veiller à la dépense publique. Les élu-es n’ont pas besoin de récompenses par l’intermédiaire des déplacements de la coopération décentralisée. Ils ont reçu une augmentation conséquente de 25 % supplémentaires de leur indemnité en début de mandat, beaucoup de salarié-es apprécieraient une telle avancée de leurs salaires, même tous les 6 ans.




Groupe Écologie & Solidarité
EluEs Verts, ADES, Alternatifs de la Ville de Grenoble

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