Conseil Municipal du 23 janvier 2012 Délibération 1-A 007 - URBANISME AMENAGEMENT

Esplanade - projet de renouvellement urbain : bilan de la concertation sur le projet de renouvellement urbain au titre de l’article L.300-2 du Code de l’urbanisme et bilan de la concertation sur la révision simplifiée du PLU. Présentation par le CCS 2 de son avis.

Par Olivier Bertrand

Nous avons 2 critiques de fond sur ce projet : une sur l’urbanisme et l’hyper densification et une autre sur votre capacité à dialoguer et à évoluer en fonction des remarques et critiques.

Sur l’urbanisme d’abord.
L’idée qu’il n’y a pas d’autres solutions que de construire en hauteur pour dégager de la place au sol n’est pas juste : c’est parce que vous avez fixé un objectif beaucoup trop élevé de 1200 logements sur un espace contraint que arrivez à cette solution. Et c’est bien là le cœur du problème.
Vous ne prévoyez en plus que 30% de logement social et 10% d’accession à la propriété. Il est quand même intéressant de rappeler que le projet du PS évoqué en partie hier par François Hollande évoque lui, je cite : « une règle des trois tiers sur chaque parcelle à urbaniser ou à ré-urbaniser : un tiers de logements sociaux, un tiers de logements en accession sociale, un tiers de logements libres ». Et sans même parler du projet socialiste qui sur ce point est proche de celui des écologistes, nous connaissons tous les prix de sortie du logement libre. Si nous voulons lutter contre la ville à 2 vitesses, il faut du logement social, mais il faut aussi une politique d’accession beaucoup plus important que les 5 à 10% affichés.

Concernant l’avis de l’autorité environnementale : depuis que l’on crée des ZAC sur Grenoble, nous n’avons jamais lu un rapport aussi sévère. Je cite encore :

« La question du paysage est primordiale au vu du site de l’Esplanade et du projet. Or cette thématique est traitée de manière beaucoup trop rapide et superficielle dans le dossier ».

« Le projet présenté, de part la grande hauteur des immeubles, apparaît contradictoire avec la lisibilité du paysage. en particulier à la lecture de la ligne de montagne. »

« Les croquis montrent la prégnance des immeubles projetés dans le paysage et leur difficile rapport d’échelle avec l’existant aussi bien bâti que paysagé. »

« Le dossier ne présente pas d’étude paysagère fine. La montagne et la topographie sont absentes du dossier. Aucune vue en coupe ni de vue cadrant l’Isère ou la montagne. »

Cette critique de l’autorité environnementale est fondamentale parce qu’elle montre bien la différence entre la communication sur ce projet et la réalité ; la réalité est que non seulement ce quartier serait ultra dense avec des immeubles de très grandes hauteurs mais qu’en plus, il va très fortement dégrader l’image de l’entrée de ville.

Mais ce qui est quand même très fort, c’est que dans votre mémoire en réponse à l’autorité environnementale, vous niez le problème. Vous dites : « La construction de nouveaux logements suivant un plan de composition urbaine qui s’intègre au site, prend en compte les vues sur les montagnes et depuis le site de la Bastille ». Point final.

Nous vous le disons sincèrement : c’est cette incapacité à accepter la moindre critique, à n’entendre ni les habitants, ni les expertises, ni les élus que nous sommes qui nous inquiète.

Il est pourtant évident que la grande majorité des grenoblois ne partagent pas votre enthousiasme : aujourd’hui en matière de densification de la ville, nous arrivons à une limite. Ecoutez ce qu’il se dit sur les tours Schneider, de l’autre coté de l’Isère. Ecoutez ce qu’il se dit sur la future ZAC Flaubert. On ne construit pas une ville à marche forcée contre ses habitants.
On peut faire des erreurs en matière de politique culturelle ou sociale, on peut toujours corriger le tir. L’urbanisme, ce n’est pas réversible, on en prend pour 100 ans. Ici et contrairement à ce qui est prévu sur la presqu’ile, il y a par exemple de gros doutes sur les possibilités d’offrir des logements ensoleillés, des ilots ouverts ou des vues vers le lointain. Avec des immeubles de 11 étages séparés par des venelles comme il est précisé dans le projet, ça sera de toute façon très difficile.

Contrairement à ce qui est dit dans la délibération, le projet n’est pas nouveau, il était déjà inscrit dans le projet urbain de l’agglomération début 2000. Avec un espace comme celui de l’esplanade, on aurait donc vraiment pu prendre le temps de laisser les créativités s’exprimer. On aurait aussi pu travailler intelligemment sur le tracé du tram plutôt que d’imposer au SMTC et au habitants la seule courbe de tout le parcours en invoquant des raisons techniques. Des problèmes de déviation de réseau paraît-il. Il y a pourtant des réseaux sur tout le parcours de la ligne et on ne fait pas une ligne en zig zag pour les contourner… Même argument pour les rues transversales qui ralentiraient le tram si il passait au cœur du quartier. Il y a des rues tranversables sur tout le parcours du tram : pourquoi cette exception pour l’esplanade ?

Le temps d’appropriation est important. Il y a eu certaines prises en compte comme le fait de maintenir le terrain de boules ou d’intégrer le supermarché existant dans un bas d’immeuble. Mais il aurait fallu plus d’ouverture, de co-construction, comme vous l’avez fait sur le projet des quais par exemple.

Ce projet est encore hélas dans une logique productiviste du XXe siècle, une logique de l’élu bâtisseur qui juge le dynamisme de sa ville a la tonne de béton coulée et aux nombre de grues visibles : 1200 logements : 700 logements sur 2 hectares… alors que la moyenne de la ville est de 70 logements par hectare. C’est énorme.
C’est aussi un projet qui rentre dans une logique d’image : vous voulez que ce quartier soit la vitrine du dynamisme de la ville. Mais les grenoblois ne veulent pas vivre dans des vitrines, surtout quand cette vitrine, avec sa grande tour mégalo, cache ce qui fait la beauté de notre ville : sa perspective sur les montagnes.

Il est encore temps de revenir à la raison : ce projet peut et doit être modifié. Nous vous incitons vivement à entendre les critiques et à ne rien faire d’irréversible avant cette fin de mandat. Nous sommes évidemment disponibles pour retravailler un projet moins dense, moins haut, plus intégré et surtout plus partagé.

Vote du groupe : CONTRE




Groupe Écologie & Solidarité
EluEs Verts, ADES, Alternatifs de la Ville de Grenoble

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