Conseil Municipal du 23 janvier 2012

Regard critique d’une élue écologiste

par Maryvonne Boileau

En entrant dans la salle du conseil, nous avons eu la surprise de découvrir exposée en plein centre de la table une belle maquette de la Bastille. Mais l’objet de cette maquette était plutôt la présentation du projet de l’Esplanade.

Pour ce projet, le maire a fait une belle envolée urbanistique : « on parle de développement durable ou développement soutenable, moi j’appelle cela développement urbain » ! Sauf erreur de notre part, le développement urbain est soutenable ou ne l’est pas. Le développement soutenable est toujours respectueux de la démocratie et de l’écologie, c’est dans son essence.
Le projet a connu quelques évolutions après les remarques des habitants lors des temps d’information du CCS2. Par contre, la densification intensive avec 350 logements/ha représente une surdensification, malgré les affirmations contraires de l’adjoint chargé de l’urbanisme et de l’immobilier.

Sur les images les nouveaux appartements sont magnifiques, notamment ceux dont la terrasse donne sur le parc et l’Isère. Mais pour ceux qui seront le long des « venelles », ce sera probablement moins agréable. Quant à la tour de 100 m de haut et de 33 étages, l’adjointe au logement considère qu’elle est indispensable pour maintenir la population.
Pas un seul mot de l’urbanisation sur l’ensemble de l’agglomération et c’est bien là où le bât blesse ! Quelle est la politique du logement à l’échelle de l’agglo, pour faciliter un meilleur accès de tous à un logement décent ? Force est de constater que certains sont plus solidaires que d’autres. Et surtout, c’est un triste constat du manque réel d’une politique d’agglomération. Vivement le suffrage universel pour les élu-es communautaires !

M. de Longevialle s’étonne que nous ayons une opinion plus que réservée sur la tour de l’Esplanade sans attaquer les trois tours de l’Ile Verte… Il y a quand même une différence notable. Les trois tours, elles sont là depuis les années 60, il faut faire avec. Les autres, si on le peut, autant les éviter ! Par ailleurs, il suffit d’écouter les résidents de ces 3 tours aujourd’hui pour apprendre que les charges y sont très lourdes et deviennent une entrave à la vente de ces logements. Un nombre non négligeable sont aujourd’hui vides.
Nous savons aussi, qu’à ce jour, il n’y a pas de bâtiment de grande hauteur en BBC. Les prix au mètre carré seraient tellement élevés, qu’il n’y aurait pas d’acquéreurs. Arrêtons de vendre du « vent », car qui sème le vent, peut récolter des tempêtes imprévisibles.

Mais le plus regrettable sur ce projet est le manque de concertation et de volonté de co-élaboration avec les habitants. C’était possible, il fallait seulement prendre un peu de temps pour que les habitants s’emparent de ce projet, et à l’exemple de l’aménagement des quais, réfléchir ensemble, habitants et élu-es dans quelle ville nous voulons vivre ? L’obsession des constructions de grande hauteur ne reflète t’elle pas une forme de vanité de certain-es élu-es ?

Encore des subventions aux écoles privées à travers les OGEC de chaque école, dans des proportions qui dépassent les seules obligations légales. Et de surcroît, on revient à une vieille lune élaborée entre 1983-1995, quand la ville apportait un financement à l’Union Départementale des OGEC. La ville est tenue d’apporter son aide à chaque école, par l’intermédiaire de son Organisme de Gestion (OGEC), et c’est tout. Mais l’adjoint à l’éducation ne comprend toujours pas ce que nous voulons dire…

Une délibération sur un avenant financier au profit de la Régie de Quartier de Villeneuve, pour l’équipement d’un café associatif. Certainement un beau projet, mais la délibération pour le financement du fonctionnement de l’association qui va en avoir la charge a, quant à elle, été retirée. Pourquoi ce décalage, nous n’avons pas la réponse…

Enfin, une nouvelle délibération pour « prendre acte » que les documents fournis pour le vote du budget primitif étaient faux. Ils rendaient toute comparaison entre 2011 et 2012 impossible. Tout ça pour cacher 2 millions d’euros d’évolution d’épargne nette. Par souci de légalité, ils devaient être modifiés. Pour ce qui est de l’information tronquée des élu-es, nous en sommes resté-es au même point… qu’en décembre 2011.
Heureusement, que notre groupe continue d’analyser avec attention les documents qui nous sont fournis, c’est ce qu’on appelle une sorte de vigilance citoyenne.

20 H 10, le maire quitte l’assemblée, comme ce fut très fréquemment le cas depuis septembre 2010 et c’est l’un des maires putatifs qui assure la fin du conseil… Quand un élu n’assure plus la représentation que la démocratie représentative attend de lui, c’est le signe que quelque chose se détériore dans les démocraties représentatives.




Groupe Écologie & Solidarité
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