Conseil Municipal du 23 mai 2011 Délibération n°42-D 014 DEVELOPPEMENT ECONOMIQUE

Financement du PRES Université de Grenoble (Pôle de Recherche Enseignement Supérieur) par la Ville de Grenoble et la Métro

Par Gwendoline Delbos-Corfield et Gilles Kuntz


Je profite de cette délibération pour évoquer la situation du PRES. Le PRES grenoblois va mal, ceci n’est pas nouveau, cela fait déjà quelques années. Mais son actualité est encore plus préoccupante et provoque de l’inquiétude à différents niveaux, du rectorat aux équipes universitaires. Le sujet occupe tous les CA d’universités ce trimestre. En revanche, la question semble connaître une petite indifférence des collectivités concernées.

Ce qui fait notamment la caractéristique d’un PRES, l’élément déterminant de la constitution et de la légitimité d’un PRES, c’est l’existence d’une école doctorale commune, et donc la délivrance d’un diplôme unique de docteur, par toutes les universités constituantes.

Cela n’est pas le cas à Grenoble, et ne le sera pas. Un des membres fondateurs, Grenoble INP souhaite garder la maîtrise complète de son diplôme de docteur, et il l’a exprimé très clairement, sans ambiguïtés. Ce refus d’une école commune fragilise grandement le PRES et marque peut-être la conclusion effective de son échec.

La conséquence à court terme, est la remise en question des subventions attendues dans le cadre de l’opération campus. En effet, ne répondant plus aux exigences obligatoires de convention d’un PRES, les universités grenobloises ne peuvent plus, en l’état, prétendre au financement promis par l’opération campus. Ces universités avaient été mises autour de la table par les collectivités, et incitées sans réel socle collaboratif, à élaborer un projet dans les plus brefs délais, mais la coopération ne s’est pas suivie de manière effective. Il s’agit aujourd’hui d’aides structurantes pour des services interuniversitaires, des rénovations, des équipements qui sont remises en cause. Ce n’est donc pas un problème anecdotique.

Mais, c’est à long terme, que cette incapacité à coopérer et à mutualiser, est un véritable mauvais présage. Nous pourrions voir bientôt le paysage universitaire grenoblois scindé en 2 bloc : d’un côté, un grand établissement, élitiste, fortement lié au monde économique, et presque entièrement tourné vers le transfert technologique ; et de l’autre côté, un ensemble d’universités, en sciences dures, comme en sciences sociales et humaines, avec un enseignement de qualité, des chercheurs nombreux, et regroupant, rappelons-le aussi, la très grande majorité des étudiants.

L’histoire serait alors absurde et dommageable, à trois titres. D’abord, parce que l’UJF et G-INP partagent la plupart des laboratoires, et que la plupart des enseignants chercheurs travaillent dans les deux établissements. Ensuite, parce que nous arrivons à une situation particulièrement incompréhensible pour la plupart d’entre nous et le monde universitaire aussi. Nous avons constitution d’une future fondation scientifique qui deviendra GUI+, qui devrait bientôt émerger et s’occuper de l’IDEX. En attendant, c’est le PRES qui prend ça en charge et devrait recevoir l’opération Campus. Par ailleurs, on parle aussi d’université fédérale. Nous sommes dans un grand flou que plus personne ne comprends, et cette situation est relevée aussi à d’autres niveaux.

Pendant ce temps là, le PRES de Lyon, qui, tant bien que mal arrive à être un peu plus coopératif et travailler ensemble, voit son crédit augmenter.

Enfin, cette évolution me paraît être en contradiction avec ce qui étaient vos ambitions, et notamment la volonté d’apparaître dans le classement « de Shanghai ». Ces déchirures locales ne permettront pas à cet ensemble grenoblois d’y apparaître. Nous ne partagions pas forcément cette ambition, mais cette situation reste problématique dans cette idée de fond d’une université diverse, riche, avec un travail transversal entre sciences humaines et sociales et sciences dures, et pas d’un ensemble qui ne serait que sciences dures d’un coté et d’un autre ensemble plus hétéroclite.

Réponse de la majorité (Mr Safar) :
- mise en cause de l’action de G Delbos-Corfield de sa position en tant que conseillère régionale par rapport aux positions affichées : ceux qui sont les conseilleurs sont rarement les travailleurs ;
- le PRES rencontre des difficultés, mais il faut aussi voir les résultats. Grenoble va mieux que le PRES de Lyon, et c’est Grenoble et la Région qui tirent vers le haut.
- tout est mis en place pour répondre aux critères internationaux
- il y a des réalités de problèmes de gouvernance au quotidien, mais il ne faut pas renvoyer cette image qui est une fausse image et qui est le dernier argument de ceux qui au fond ne veulent pas de ce projet. Il faut être clair : soit vous dîtes que vous n’en voulez pas et vous l’assumez avec des débats sur le fond ; soit vous faîtes les constats que vous faîtes et vous expliquez pourquoi vous les faîtes.
- il faut savoir dans quel camp on joue de temps en temps : ça fait deux fois que vous jouez contre votre camp.

Mr Destot
- inélégant de parler d’institutions qui ne sont pas là : ce n’est pas la ville de Grenoble qui pilote le PRES.
- nous essayons de tirer vers le haut, malgré les difficultés, et vous passez votre temps à dénigrer, tirer vers le bas.

Réponse de Gilles Kuntz aux interventions de MM Safar et Destot

Il ne faut pas se cacher les problèmes, et ça ne sert à rien de dire que tout va bien.

Par rapport à la réaction de Mr Safar, nous voulons dire que nous pouvons avoir en CM des débats sereins sur des questions de fond.
Je suis universitaire, vous le savez, et il y a 40 ans, la question était déjà posée : est-ce que l’INPG de l’époque allait devenir une université ou restait en statut dérogatoire. Un vote a très majoritairement rejeté l’entrée dans l’université. Donc cette défiance par rapport au système universitaire existe depuis la création de l’INPG. Il faut aussi le dire, et aussi par rapport aux difficultés pour créer le PRES aujourd’hui, ce n’est pas jouer contre son camp. L’université de Grenoble montera dans le classement de Shanghai quand elle aura une seule signature, quand on n’aura plus à aller chercher dans les logos divers pour finalement comprendre qu’ils veulent dire la même chose.
Le président du PRES me fait part en aparté de ses grandes difficultés avec certains établissements quant à sa gouvernance. Et même si l’Etat donne des crédits, à chaque fois que ces crédits sont obtenus, il est indiqué qu’il faut régler ce problème de gouvernance.

Nous sommes tous dans le même bateau et nous voulons tous militer pour la création de l’université de Grenoble. Le PRES en est une étape intermédiaire, vers une université intégrant toutes ses compétences, qu’elles soient scientifiques, littéraires, sciences humaines…

Vote du groupe : ABSTENTION




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