Conseil Municipal du 18/4/11 Délibération n°1-B 002 POLITIQUE DE LA VILLE

Projet social, urbain et d’habitat pour le quartier de la Villeneuve : Point d’étape des actions entreprises et plan d’actions 2011-2014

Par Gilles Kuntz

Cette délibération fait suite à la convention ANRU votée le 28 avril 2008 par notre conseil et dans les mêmes termes que le conseil d’administration d’ACTIS de janvier 2008. Ce texte en particulier proposait « La baisse du taux de logement social par des opérations identifiées dont l’opportunité reste à vérifier par les études Arlequin, incluant la démolition de 65 logements au 50 galerie de l’Arlequin. ». Notre groupe a donc demandé dans chacune des commissions municipales où ce projet a été examiné d’obtenir une copie de ces études. Monsieur le Maire en violation des droits à l’information des éluEs ayant à délibérer sur un projet soumis au vote, vous avez refusé par lettre et par deux fois de nous communiquer les rapports de ces études conduites suite à un appel d’offres par le cabinet INterland. Nous ne pourrons donc voter en connaissance de cause.

Néanmoins, nous avons contacté ce cabinet qui devait permettre de vérifier l’opportunité de la démolition du 50. Leur avis est clair et sans ambiguïté : ils sont opposés à toute démolition de logements sociaux non insalubres. C’est aussi notre position qui nous avait amené à ne pas nous opposer aux destructions des barres Strauss à Mistral ou de certains bâtiments à Teisseire. L’argumentation des architectes est imparable : les sommes considérables consacrées à la démolition - dont on ne connaît d’ailleurs pas le montant exact à ce jour - pourraient être plus utilement consacrées à la réhabilitation des appartements, leur isolation thermique et la création d’ascenseurs supplémentaires facilitant les accès et limitant la longueur des coursives intérieures. Ils ont développé de nombreuses idées de réhabilitation à la fois des logements et aussi des garages silos. Ce cabinet est internationalement reconnu. J’en veux pour preuve un prix qui vient de leur être décerné en mars à Copenhague. Alors pourquoi cacher leurs travaux, sauf à vouloir passer en force, comme vous l’avez déjà fait en faisant croire que la décision était prise même dans les journaux distribués depuis des mois dans le quartier : « d’ici 2 ans le 50 galerie de l’Arlequin va être en partie démoli » (dans « le 6 ça avance » de mars). Vous avez déjà mandaté la Confédération Syndicale des Familles pour accompagner les locataires dans le relogement. Celle-ci bien qu’opposée à la démolition a accepté cette mission afin d’assister au mieux les locataires et tenter de les défendre dans leurs droits. Par ailleurs, notre décision de ce soir ne peut se faire sans l’accord préalable de la copropriété qui comprend le 50, laquelle ne serait réunie qu’en juin. De tous côtés les règles ne sont pas respectées dans cette opération spectaculaire qui ne résout rien et poursuit votre politique médiatique loin des préoccupations des habitants.

Laissons leur donc la parole en lisant avec son autorisation une lettre qu’une grenobloise vous a adressée Monsieur le Maire et qui parle des difficultés rencontrées par ses parents habitants depuis toujours le 50 :

« Monsieur le Maire,

Je me permets de vous écrire afin d’attirer votre attention sur le projet de renouvellement urbain de la Villeneuve et plus particulièrement sur la démolition que vous envisagez et souhaitez de 65 logements du 50 galerie de l’Arlequin.

Mes parents habitent le quartier et un appartement de ce même immeuble depuis 38 ans. Ils y ont construit leur vie, ils y ont vu naître et grandir leurs enfants, ils y ont rencontré leurs amis et ont participé activement à la vie sociale du quartier.

Concernant la démolition du 50, je vous rappelle que vous vous êtes opposé à ce même projet élaboré par Monsieur CARIGNON et sa majorité début 1990. En 1995 lors de votre campagne pour les municipales et lors de vos nombreuses visites dans le quartier, vous souhaitiez échanger avec les locataires concernés par cette destruction. Mes parents, moi-même ainsi que d’autres locataires avons exposé nos difficultés et notre désir profond de rester dans notre immeuble ensemble. Vous nous avez alors fait une promesse électorale en nous stipulant clairement qu’une fois élu vous abandonneriez ce projet qui pour vous n’avez aucun sens. Nous nous sommes donc mobilisés pour votre élection. Certes depuis 1995, la ville et la société ont bien changé mais vous auriez pu éviter de ressortir les archives et plutôt envisager une concertation commune, réfléchie avec les habitants quant à l’avenir du quartier.

Les modalités de concertation actuelles avec les habitants frisent le scandale. Nous sommes bien loin de la volonté politique qui prévalait lors de la récolte des 250 propositions pour Grenoble Sud en 2003. La large consultation populaire qui avait permis alors une vraie prise en compte de l’expertise des habitants s’est réduite à des ateliers à participation très limitée. Les participants n’ayant d’ailleurs pas eu pour autant le sentiment d’avoir été écoutés ! Les locataires du 50 ont reçu de manière brutale fin novembre 2010, une lettre signée par l’adjointe au logement au ton comminatoire avec cette phrase soulignée en caractère gras « vous allez devoir déménager ». Cette même adjointe a également affirmé publiquement lors de la réunion publique du 13 décembre 2010 que trois refus de relogement déboucheront sur une expulsion. La majorité a une vision très étroite de l’aspect social du projet.

D’après l’ANRU et son règlement général titre 3 : « Tout projet de rénovation urbaine est au service de la population. Le projet urbain est avant tout un projet humain. Une concertation active repose sur le partage du diagnostic préalable et l’élaboration concertée du projet, l’association des habitants tout au long de la mise en œuvre … »

De plus comment pouvez vous affirmer que cette démolition permettra une ouverture directe au parc J. Verlhac puisqu’en arrière plan, une partie du 70 galerie de l’arlequin interdit de fait cet accès ?

Ne serait il pas temps de s’arrêter, de reprendre le projet urbain dans sa dimension globale avec l’ensemble des acteurs et en premier chef les habitants ? Est il inconcevable pour la majorité d’envisager un moratoire ?

Les propositions de relogement sont aussi très contestables. (…) Rajouter 100 € dans un loyer est pour mes parents impossible à moins que la politique nouvelle d’Actis soit d’augmenter le nombre d’impayés.

De plus, le relogement au 50 dans la partie qui ne sera pas détruite ne semble même pas possible. Aucune explication claire et officielle n’est annoncée. Les habitants du 50 non concernés par la démolition ne connaissent pas leur devenir pendant toute la durée des travaux. Encore des questions sans réponses !

Par ailleurs, les élus en charge de l’accompagnement ont fait cruellement défaut (à au moins deux reprises) alors que de nombreuses interrogations se posaient.

Je vous ai interpellé par mail sur ces absences et je n’ai eu aucun retour de votre part.

Faire l’autruche n’est pas une politique en soi Monsieur le Maire. Votre indifférence et celle de certains élu(e)s de votre majorité se rajoute à la longue liste des avanies que subissent les habitants de notre quartier mais ils resteront dignes par principes et par habitude.

Vous n’avez pas envie de travailler avec nous sur une réelle concertation de qualité ? C’est votre droit mais votre devoir d’élu vous lie obstinément à nous parler.

Vous êtes par votre fonction de maire, incontournable dans ce dossier et il est révoltant de constater à quel point vous n’avez pas pris le mesure de cette responsabilité.

Nous ne demandons pas votre sympathie, votre pitié ou votre condescendance, nous vous demandons de prendre en compte ce que disent certains habitants du 50 :

Aucun vote concernant le projet urbain de la Villeneuve et la démolition du 50 lors du Conseil Municipal du 18 avril 2011 tant qu’un projet réel de concertation n’a pas été mis en place avec les habitants concernés

• Un moratoire sur le projet ANRU

Vous auriez compris qu’ils ne demandent rien d’autre que de vivre dignement dans leur quartier.

Vous êtes notre seul recours afin d’éviter de médiatiser cette affaire qui peut paraître anecdotique pour certains mais pas pour nous

Dans l’espoir que cette requête sera entendue,

Je vous prie de croire, Monsieur le Maire, en l’assurance de mes respectueuses salutations.

Signée par cette habitante avec la mention « Pour le collectif provisoire du 50 »

Pour toutes ces raisons, notre groupe demandera des votes séparés alinéa par alinéa de cette délibération et votera contre les démolitions.

Vote du groupe sur cette délibération : vote séparé alinéa par alinéa (voir détail des alinéa dans la délibération en PJ)

NPPV sur alinéa 1 : vœu à soi-même d’inscrire 250 000 € sans projet précis

Pour sur alinéa 2 : 80 000 € pour Régie de Quartier

Contre sur alinéa 3 : démolition 68 logements au 50

Abstention sur alinéa 4 : avenant ANRU

Pour sur alinéa 5 : poursuite de la concertation


Documents joints

Délibération n°1 Villeneuve

21 avril 2011
Document : PDF
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