Diminuer notre empreinte écologique

« Penser globalement, agir localement » : si les défis environnementaux sont globaux, le niveau municipal et intercommunal est irremplaçable dans le relais local et la mise en œuvre concrète de politiques innovantes. Les politiques de l’eau, des déchets, des déplacements, sont de compétence locale et c’est localement que des politiques efficaces peuvent être menées avec pertinence.

Afin de préserver la capacité des générations futures et d’assurer un partage équitable des ressources actuelles, nous avons la responsabilité de diminuer notre « empreinte écologique » : la part de consommation des ressources naturelles que nos modes de vie nécessitent. C’est possible dès aujourd’hui et cela améliorera notre qualité de vie.

 S’attaquer à l’effet de serre

L’agglomération grenobloise émet 2 850 000 de tonnes de gaz à effet de serre (soit 7 tonnes de CO2/habitant) : 1 482 000 tonnes CO2 (52 %) émises par le secteur industriel et énergétique, 684 000 tonnes CO2 (24 %) dues au trafic routier, et 655 500 tonnes CO2 (23 %) rejetées par les bâtiments (résidentiels et tertiaires). L’objectif national à 2050 est de diviser par 4 nos émissions, soit - 2 137 500 t CO2 (- 75 %) à l’échelle de l’agglomération.

Outre ses conséquences sur le climat et la nature, la crise énergétique renchérit les dépenses de chauffage ou de carburants, et fragilise le budget de nombreuses familles, parfois de façon dramatique. Les bâtiments existants consomment souvent plus de 180 kWh/m²/an, alors qu’il est possible de descendre à moins de 100 kWh/m² après rénovation thermique, soit diviser par deux la facture annuelle d’énergie. Mais ces travaux sont coûteux s’ils sont ambitieux et efficaces : environ 15 000 euros/logement.

Les choix d’urbanisme sont donc fondamentaux. Ils ont des incidences fortes, et quasi définitives, sur le profil de consommation d’énergie d’un quartier ou d’un aménagement. Le succès d’un plan de lutte contre l’effet de serre passe aussi par une réduction très significative de la circulation motorisée en ville. Chaque baisse d’un point du trafic automobile, au profit du vélo ou des transports en commun, représente un bénéfice de 4 700 t CO2.

Des économies doivent enfin être recherchées sur l’éclairage public : 20 à 30 % d’économies peuvent être faites sur ce poste et réduire ainsi la pollution lumineuse du ciel nocturne.

Un programme municipal et communautaire cohérent de lutte contre l’effet de serre implique d’agir simultanément sur les bâtiments, l’urbanisme, l’éclairage public et les transports. La réalité du réchauffement climatique oblige aussi un aménagement de la ville et de l’agglomération afin que les habitants souffrent moins des canicules estivales appelées à être plus fréquentes. Sans une volonté politique forte, assortie de moyens financiers très importants, aucun résultat mesurable significatif ne pourra être obtenu.

La lutte contre l’effet de serre est au cœur de notre projet : nous proposons un objectif intermédiaire de réduction de 10 % des émissions de gaz à effet de serre sur la période 2008-2012, et de 20 à 30 % à l’échéance 2020. Cet objectif exige une mobilisation importante de moyens humains et financiers, à la mesure de la menace et des enjeux.

- Réhabiliter les bâtiments existants pour diminuer les consommations d’énergie. Réhabiliter thermiquement 500 logements publics et privés par an dans un premier temps (2009-2012), puis 1000 logements/an (2012-2020), ce qui générera de l’emploi pour des entreprises locales ; prendre en charge 50 % du coût total de ces travaux dans les logements sociaux ou privés (en combinant diverses subventions publiques et prêts à taux bonifiés) ; sensibiliser les propriétaires et les accompagner dans leurs démarches, avec renforcement de l’Espace-Info-Energie (ALE de Grenoble) pour conseiller les particuliers sur les économies d’énergie ; soutenir financièrement les audits énergétiques dans les commerces et les entreprises pour identifier les économies d’énergie possibles et les travaux à réaliser ; poursuivre le programme d’économie d’énergies sur les bâtiments communaux (- 20 % de consommation en 10 ans, sur 400 bâtiments municipaux !) et inciter à la construction de bâtiments à très faible consommation ou encore à consommation nulle (bâtiment dit « passif » : égalité entre production d’énergie et consommation, à l’instar du label suisse MINERGIE P), voire à énergie positive (production d’énergie supérieure à la consommation, comme le bâtiment en projet sur le site de Bonne à Grenoble).

- Développer les énergies renouvelables. Mettre en place un schéma de développement des énergies renouvelables, visant notamment la généralisation des toitures solaires et des opérations exemplaires de climatisation solaire, soutenir la modernisation des poêles et cheminées domestiques traditionnels au bois, pour améliorer leurs performances environnementales et énergétiques, avec une prime de 500 euros aux travaux par ménage (en visant les prescriptions minimales du label « Flamme verte »), soutenir la mise en place d’une marque favorisant le bois de feu local, en lien avec l’Association pour le Développement de l’Agriculture dans l’Y Grenoblois. Objectif : d’ici 2030, 100% d’énergie solaire 0% de nucléaire !

- Agir sur l’éclairage public. Conformément à la décision de la justice administrative, nous engagerons la reprise en main de l’éclairage public par la Ville de Grenoble. Nous réaliserons en premier lieu un audit énergétique approfondi pour identifier toutes les économies possibles et mettrons en œuvre, suite à cet audit, un plan d’action pour réduire significativement la consommation d’énergie et la pollution lumineuse nocturne.

- Créer une grande régie de l’énergie. Créer un service énergétique unifié, regroupant les activités des services de l’électricité, du gaz et du chauffage urbain (Compagnie de Chauffage et GEG) pour maîtriser la tarification et développer les économies d’énergie.

- Adapter la ville à des canicules plus fréquentes. Réduire la part du minéral en ville pour favoriser le rafraîchissement nocturne en période de fortes chaleurs, favoriser la création de nouveaux parcs et espaces verts, pour se déplacer sous l’ombre et la fraîcheur des frondaisons, favoriser les toitures végétalisées (avec des techniques et des espèces rustiques nécessitant peu d’entretien), favoriser les techniques de protection solaire des bâtiments, dites passives, (pare-soleil, dimension des fenêtres, orientation, etc.) et les matériaux d’isolation qui ont une double fonction d’isolation hivernale et estivale, favoriser les techniques douces de rafraîchissement, du type « puit provençal » (maison individuelle ou petit collectif) ou sur nappe (immeuble de bureaux ou d’habitations).

 Rénover la politique des déchets : prévention, réduction et recyclage

En dépit d’avancées incontestables depuis 20 ans en France, la question des déchets demeure encore très problématique avec des tonnages produits en quantités croissantes et une saturation des solutions d’élimination. Sur l’agglomération, la qualité du tri est mauvaise, avec 50 % de matières non recyclables dans la poubelle verte. Nous proposons de rénover la politique des déchets autour leur réduction à la source, d’un meilleur tri et d’une valorisation accrue des déchets.

Pour diminuer le recours à la décharge (38 600 t + 28 000 t de mâchefer), ainsi que les quantités livrées en incinération (96 000 t), nous devons renforcer, à l’échelle communale et intercommunale, la politique en faveur de la réduction et du tri sélectif des déchets. Ce constat implique une action vigoureuse pour atteindre rapidement un taux de recyclage effectif de 60 à 75 %. L’ensemble de ces mesures doit permettre de stabiliser puis réduire de 10 % à 20 % le tonnage de déchets par habitant à l’horizon 2014.

Cette politique doit favoriser le réemploi et le recyclage (dont le compostage), plutôt que les simples traitements d’élimination. L’impact social (coûts croissants, nouvelle Taxe d’Enlèvement des Ordures Ménagères) et environnemental des déchets (pollutions, gaspillage de ressources, santé) nécessite des choix clairs pour améliorer l’efficacité du service. Les circuits courts de valorisation des déchets évitent de nombreux transports polluants.

Projet d’agglo Rénover la politique des déchets


L’effort de tri doit être récompensé financièrement, contrairement à la situation actuelle : les ménages et commerces qui participent à l’effort de tri doivent voir baisser l’impôt correspondant.

-  Réduire la masse des déchets, en associant l’ensemble des acteurs (commerces, copropriétés, PME, habitants). Supprimer le gaspillage des imprimés publicitaires (40 kg par an et par habitant !) par une action "Stop Pub", en lien avec les distributeurs de ces publicités et en cohérence avec le plan départemental, supprimer les sacs plastiques de caisse (2 kg/an/hab.) et favoriser toutes dispositions de réduction des emballages dans les circuits de distribution (consignes, vrac, …), développer le compostage (30 % du poids des déchets sont fermentescibles) individuel ou de quartier, notamment dans les communes et quartiers d’habitat horizontal (en habitat vertical, des expériences seront favorisées, sur une base volontaire, et évaluées avant plus large diffusion), créer des « ressourceries », ou « recycleries  », en lien avec des associations d’insertion, pour favoriser le détournement ou le réemploi des objets destinés à l’abandon plutôt que de les détruire, renforcer les moyens humains et techniques en faveur de la réduction et du tri sélectif des déchets (des animateurs chargés d’inciter au tri et à la réduction de la masse des déchets viendront renforcer l’effectif des ambassadeurs du tri), engager une politique de sensibilisation, concertation et de mobilisation des habitants autour d’objectifs de réduction des déchets, adaptés aux quartiers.

-  Mieux recycler, par la proximité. Remplacer les bacs actuels par une commande d’agglomération, organiser le nettoyage des bacs par la collectivité, lancer un appel aux habitants pour désigner un « correspondant du tri », personne relai, par quartier ou par immeuble, revoir l’actuel système de collecte par aspiration de la Villeneuve obsolète et coûteux, favoriser la collecte séparée des papiers des administrations, la collecte spécifique des déchets fermentescibles alimentaires (restauration collective) et celle des déchets dangereux.1

- Récompenser l’effort de tri. Infléchir le financement de la collecte des déchets sur une base qui incite à la réduction des quantités de déchets (à la source) et à la qualité du tri dans les bacs verts (des expérimentations de comptage ou de "pesée embarquée" seront favorisées et évaluées, afin d’être ajustées puis généralisées), mettre en place une redevance d’enlèvement des ordures ménagères (applicable aussi aux activités, sur la partie non triée de la poubelle des ménages).

 Préserver la qualité exceptionnelle de l’eau

Depuis 1884, Grenoble dispose de l’eau dans les champs captants de Rochefort, eau d’une qualité extrêmement pure et qui ne nécessite aucun traitement. Cette situation exceptionnelle doit faire l’objet d’une protection renforcée dans le cadre des dispositifs réglementaires. L’agglomération doit également s’interdire d’altérer la qualité des eaux qui la traversent et poursuivre activement les investissements pour le traitement des eaux usées et pluviales.

- Renforcer la présence de la ville au sein du Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux Drac Romanche, et sa participation à l’observatoire de l’application des mesures du SAGE visant à retrouver un bon état écologique des cours d’eau
- Poursuivre la politique d’acquisition foncière et de mise en défend du périmètre de protection des zones de captage de Rochefort
- Poursuivre l’effort en matière de collecte et de traitement des eaux usées à l’échelle de l’agglomération pour augmenter le taux de dépollution, qui est de l’ordre de 70 % actuellement
- Supprimer l’utilisation du sel pour le déneigement. Polluant pour la nappe phréatique, nous proposons de le remplacer par du sable, comme de nombreuses collectivités l’ont déjà fait.

Projet d’agglo


En s’appuyant sur la remunicipalisation réussie de l’eau de Grenoble, créer une structure intercommunale d’adduction et de distribution de l’eau.


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