Conseil Municipal du 27 septembre 2010

« Événements de l’été : bilan et perspectives »

Intervention d’Olivier Bertrand

Nous voudrions d’abord rappeler que ce premier point ne fait l’objet d’aucune délibération et sera donc sans conséquence directe sur les grenoblois. Par contre, dans les semaines à venir nous souhaitons que des propositions soient débattues et suivie de décisions de notre Conseil, des décisions qui permettront une action concrète et donc des modifications de la politique menée dans les quartiers en difficulté. Pour revenir au thème de ce premier point, d’accord, parlons des évènements de l’été, Mais de vraiment tous les évènements ! Parce que l’instrumentalisation par le gouvernement Sarkozy de ce qu’il s’est passé à la Villeneuve s’inscrit dans un contexte national bien particulier.

Notre pays continue d’être frappé par une crise qui a des conséquences économiques et sociales graves.
Malgré cette évidence, les français ont pu observer à quel point le gouvernement UMP était totalement au service des puissances financières. On connaissait déjà le bouclier fiscal pour les plus riches, on a découvert les liens intimes qu’entretiennent les milliardaires et les membres du gouvernement.

Évoquer la Villeneuve ne peut se faire sans évoquer aussi les révélations de la presse : le discours de haine contraire à nos principes constitutionnels, prononcé par le président de la République était prévu pour l’automne, il a été opportunément avancé fin juillet, chez nous à Grenoble pour essayer de faire diversion à la véritable affaire de l’été : l’affaire Woerth–Bettencourt.

Le Président de la République n’a pas hésité à stigmatiser toute une ville et plus spécialement 12 000 habitants du quartier de la Villeneuve. Ces habitants ont subi durant plusieurs jours et nuits, les conséquences de manœuvres politiciennes de la droite, avec une mise en scène sécuritaire formatée pour faire des images anxiogènes à la télé.

L’événement de la Villeneuve, c’est d’abord un braquage qui s’est terminé par la mort d’un des braqueurs. Ce décès a entraîné des atteintes graves aux forces de police et à quelques équipements publics dont un tramway. Il n’en reste pas moins que cette affaire relevait de la police et de la justice. Mais le gouvernement a fait délibérément le choix d’utiliser ce drame en ne laissant pas les deux institutions, police et justice, faire leur travail selon les procédures en vigueur. La police s’est vue intimer l’ordre d’agir au plus vite, au mépris du temps nécessaire pour mener une enquête sérieuse. Ce qui aboutira à l’interpellation d’un suspect et à sa remise en liberté immédiate par la justice. Tout ça pour ça ! Mais là encore, le gouvernement va bafouer l’un des principes fondamentaux de notre République, celui de séparation des pouvoirs. Le ministre de l’intérieur parlera même, je cite, de « présumé coupable », expression particulièrement scandaleuse.

Dans les événements de l’été, il faut bien distinguer deux phénomènes. Il y a d’abord la situation sociale. Il faut la regarder en face, ici à Grenoble comme ailleurs en France. Cette situation devient intenable pour nombre de nos concitoyens. Notre ville a évidemment son rôle à jouer malgré le caractère global de la crise que nous vivons. Maryvonne Boileau reviendra sur quelques pistes d’actions possibles.
Mais il faut aussi regarder en face les phénomènes de grandes délinquance. Dire qu’il y a un lien direct entre banditisme, économie parallèle et quartiers en difficulté est un raccourci vraiment trop facile. Rappelons quand même qu’un des derniers morts de mort violente sur Grenoble, lié au trafic de drogue, c’était à l’Ile Verte. L’économie parallèle est évidemment très présente dans les quartiers où les ressources économiques légales sont rares. Et si l’on ne veut pas se voiler la face, il faut reconnaître qu’elle entraine par endroit des situations de non-droit particulièrement dures à vivre pour les habitants. Mais stigmatiser des quartiers dans leur ensemble comme le fait le gouvernement, quand on sait que les problèmes sont avant tout des problèmes sociaux, c’est franchement pratiquer la politique du pire.

Enfin, nous voudrions dire que nous avons été particulièrement choqués de l’attitude de la droite grenobloise. Vous auriez pu, vous auriez dû vous désolidariser des propos du Président de la République. Les propos qu’il a tenu à Grenoble ont choqué bien au-delà des frontières nationales. Plutôt que de prendre vos distances, vous avez poursuivi la polémique par des communiqués de presse et des attitudes politiciennes. Nous pensons que les grenoblois s’en souviendront.




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